Table-ronde autour du manga le jeudi 22 mai à la médiathèque Jacques Demy de Nantes
J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter l’événement “Japon : du manga au cinéma d’animation” qui se tiendra pendant deux mois à la Bibliothèque Municipale de Nantes. J’ai collaboré à sa préparation et y prends part via différentes activités.
À commencer par une table-ronde qui aura lieu le jeudi 22 mai à 19h, dans la salle Jules Vallès de la médiathèque Jacques Demy. La thématique est volontairement un brin polémique : “Le manga : entre contingences commerciales et velléités artistiques“. Voici la note d’intention de cette rencontre à laquelle vous serez nombreux, j’espère, à assister :
Les mangakas (auteurs de bande-dessinée japonaise) sont connus pour leur impressionnante productivité. Ainsi Masashi Kishimoto, le créateur de la série culte Naruto, a déjà plus de 8000 planches à son actif alors qu’il n’a même pas 35 ans. Le studio Clamp, composé de 4 femmes, est capable de fournir un nouveau chapitre de sa série Tsubasa Reservoir Chronicle (21 pages !) en quatre jours. Il n’y a guère d’équivalent chez les auteurs européens. Phénomène éditorial connexe : le développement d’une série est fortement lié à la popularité de celle-ci au sein de magazines de prépublications. Pour qu’un titre ait une chance d’être publié sous forme de volumes reliés (comme c’est le cas en France), il doit susciter un véritable engouement de la part des lecteurs. Ce mécanisme - qui constitue un barrage filtrant éliminant ainsi les oeuvres sans véritable intérêt - s’avère toutefois être une prison dorée pour certains auteurs, contraints de poursuivre leur histoire tant qu’elle a du succès. Akira Toriyama, l’auteur bien connu de Dragon Ball, en est un exemple parmi d’autres. A contrario, d’autres (tel Hiroyuki Takei et sa série Shaman King) se retrouvent obligés de boucler leur série précipitamment car elle n’est plus suffisamment acclamée. Dans un contexte commercial fort, où les ventes de produits dérivés (figurines, livres d’illustration, jeux vidéos) ont de plus en plus importance, quelle place reste-t-il pour développer une véritable démarche artistique ? La bande-dessinée japonaise constitue-t-elle un simple produit de consommation ? Peut-elle malgré tout prétendre à marquer durablement l’art et la culture mondiaux ? Comment mettre en perspective le succès critique tardif de certains auteurs (à l’instar de Shigeru Mizuki et de son NonNonBâ primé en 2007 au Festival BD d’Angoulême) avec la vitalité du manga ?
Au cours de cette table-ronde qui verra se confronter les points de vue d’une journaliste (Nathalie Rézeau, du Kinorama), d’une dessinatrice de BD influencée par le manga (Rosalys) et d’un éditeur (Bruno Pham, pour Akata), nous dégagerons les points forts et les faiblesses du modèle créatif japonais.
Jeudi 22 mai à 19h
À la salle Jules Vallès de la Médiathèque Jacques Demy - 24 quai de la Fosse - 44000 Nantes
Entrée libre
Sama It!
19/05/2008 à 15:07
Il manque un specialiste de maids à ta table ronde, histoire de représenter le côté otaku prononcé :D