Festival International de la BD d’Angoulême 2008 : mes coups de coeur

De retour d’Angoulême, la tentation d’écrire un billet exhaustif sur mon ressenti quant au festival est grande tant les 4 journées de la manifestation ont été remplies. Mais plutôt que de mettre tous les aspects de l’événement sur un pied d’égalité, je vais me focaliser sur les cinq points qui m’ont le plus enthousiasmé. Et vous livrer ainsi le meilleur de mon séjour dans la préfecture de la Charente.

Le Pavillon Chine : une invitation à la découverte

Les dessinateurs chinois et européens ayant participé à la fresque du Pavillon ChineLe Festival International de la BD d’Angoulême est, de par sa diversité, une occasion fantastique pour s’ouvrir à d’autres styles d’arts graphiques que ceux dont on a l’habitude. Entre les espaces consacrés aux gros éditeurs, aux éditeurs indépendants, à la jeunesse ou aux jeunes talents et les expositions et conférences dédiées à certains auteurs incontournables ou méconnus de la bande-dessinée mondiale, il y a de quoi faire. Sans même parler des rétrospectives ou des pays que la manifestation met à l’honneur à chaque édition.

Les mascottes des Jeux Olympiques de PékinCette année, actualité oblige (les Jeux Olympiques d’été se tiendront du 8 au 24 août à Pékin - nommée Beijing en mandarin), la Chine était sous le feu des projecteurs d’un bon nombre d’événements. Une journée spéciale (le vendredi) lui était d’ailleurs dédiée. De nombreux auteurs avaient fait le déplacement. Plusieurs sont déjà publiés en France (chez l’éditeur Xiao Pan et chez Kana), à l’instar de Ji Di (My Way), Pocket Chocolate (Butterfly in the Air, Le Mont du Sud), Yao Feila (80°C) ; d’autres ne le sont pas encore, mais mériteraient vraiment de voir leurs oeuvres éditées dans l’Hexagone (je pense notamment à Rain et à Zhu Letao). Le créateur des mascottes des J.O., Wu Guanying, était lui aussi de la partie. La volonté de la Chine de tisser de nouveaux liens culturels avec l’Occident est profonde. Les nombreux efforts de la délégation chinoise pendant le festival sont là pour en attester. On ne pouvait qu’admirer l’ardeur à la tâche affichée par les invités chinois. Certains allaient même jusqu’à profiter du soir pour perfectionner le dessin qu’ils avaient réalisé pour la fresque réunissant auteurs chinois et européens.

Dédicaces au Pavillon Chine, vendredi 25 janvierEn entrant dans le pavillon consacrée à la Chine, on ne pouvait qu’être séduit son côté accueillant : couleurs chaudes, espace feutré, grande proximité avec les auteurs. La découverte n’en était que plus agréable. Ce qui m’a d’ailleurs motivé à me plonger un bon nombre de manhuas (BD chinoises) pendant le festival. Je reviendrai prochainement sur ces lectures.

En tout cas, cet espace - et l’énergie qui l’habitait - restera, pour moi, l’un des meilleurs souvenirs de ce 35e Festival de la BD d’Angoulême.

Exposition Lou : quand l’adolescence fleure bon le bien-être

La Chambre de LouFan de Lou depuis la première heure, j’espérais que l’oeuvre de Julien Neel remporte l’Essentiel Jeunesse. Le jury, composé uniquement d’enfants, lui a préféré Sillage de Morvan et Buchet. Heureusement je pouvais me consoler de cette déception avec la très mignonne exposition consacrée à mon adolescente de papier préférée sur le pôle Jeunesse : le visiteur pénétrait ainsi dans l’appartement de Lou et de sa Maman, entrait dans leur cuisine (le frigo renfermait même des choux de Bruxelles !), pouvait s’affaler dans le coin télévision agrémenté d’une GameCube, se reposer dans la chambre de la jeune fille (toutefois rythmée au sein du poste-radio), … Un univers enchanteur dans lequel il faisait bon se promener. Pour ajouter encore au charme, Julien Neel venait régulièrement dédicacer dans cet espace, assis sur un canapé avec, à côté de lui, les enfants qui attendaient patiemment un dessin. Un moment magique pour les petits, bien loin des affres de certaines séances de dédicaces qui se tenaient dans la “bulle” consacrée aux éditeurs.

Dédicace de Julien Neel au sein de l’exposition consacrée à LouÀ noter que, pendant cette exposition, les festivaliers pouvaient découvrir une petite bande-annonce de 54 secondes du futur dessin animé de Lou (sur les écrans en 2008, produit par Go-n Productions, avec la participation de Glénat, M6 et Disney Channel). On y apercevait les personnages (sous forme de crayonnés) prendre vie et la présentation des principaux décors de la série. Élément notable : une sympathique chanson japonaise accompagnait l’ensemble. Est-ce un signe tendant à dire que le générique de Lou serait une chanson franco-japonaise, comme cela a pu être le cas sur Oban Star Racers ?

Exposition Clamp

Vue sur le Manga Building du FIBD 2008La bande-dessinée japonaise avait son emplacement bien identifié au sein du festival : l’espace Franquin, rebaptisé pour l’occasion Manga Building. Passée la déception première - la faute à l’austérité du bâtiment, dont l’extérieur était heureusement rehaussé par les sympathiques décorations conçues par Meko, on avait le choix entre plusieurs expositions, notamment une consacrée au studio Clamp.

Il s’agit de quatre femmes, Ohkawa Nanase, Mokona Apapa, Mick Nekoï et Igarashi Satsuki, qui ont bâti une des oeuvres les plusPlanches de Tsubasa Reservoir Chronicle présentées au cours de l’exposition Clamp marquantes des 20 dernières années en manga (comptant, entre autres, Rg Veda, X, Card Captor Sakura, Magic Knight RayEarth, Tsubasa Reservoir Chronicle ou xxxHoLiC). L’exposition qui leur était consacrée avait été fort bien préparée par les deux commissaires d’exposition, Julien Bastide et Nathalie Bougon, ainsi que par le principal éditeur des titres de Clamp en France, Pika : introduction à leurs principaux succès, dessins allant du crayonné jusqu’à la planche finie pour montrer le travail d’élaboration d’une page, illustrations couleurs (avec des dessins originaux en provenance directe du Japon, ce qui est très rare pour une exposition montée en France !), documentaire tourné au sein du studio… Tout était fait pour rendre hommage comme il se doit à ces talentueuses créatrices.

Atelier autour de la traduction du manga

Atelier d’initiation à la traduction de manga animé par Grégoire HellotPendant les quatre jours que durait le festival, Grégoire Hellot (bien connu du petit milieu des amateurs de mangas et de jeux vidéos en France de par ses nombreuses activités, notamment comme testeur à Joypad, scénariste de France Five et actuellement directeur de collection chez Kurokawa) donnait quotidiennement une initiation à la traduction-adaptation de mangas au sein du Manga Building. À l’aide d’un support vidéo-projeté et de planches géantes issues de titres édités par Kurokawa (notamment le très attendu Saint Seiya - The Lost Canvas), il sensibilisait son public à la langue japonaise et aux problèmes que pose la francisation d’une BD japonaise. Réussir une conférence à la fois ludique et pédagogique est toujours un exploit : à l’issue des deux heures que duraient ces ateliers, on ne pouvait que tirer son chapeau à Grégoire Hellot pour la pertinence de son propos et de ses exemples, son humour et son dynamisme.

Fantastique scénographie sur l’exposition consacrée à BD argentine

Une vue sur la scénographie de l’exposition consacrée à la BD argentineAvec José Muñoz comme Président du Festival, la manifestation accueillait une sublime exposition consacrée à la BD Argentine, des années 30 à nos jours, au Centre National de la Bande Dessinée et de l’Image. La scénographie a fait l’objet d’un soin particulier. Elle immerge le visiteur dans l’Amérique du Sud des années 50, avec des musiques latines, des lumières tamisées, des kiosques à journaux. Cet hommage à la création dessinée de tout un pays (avec des planches de Carlos Cruz, Alberto Breccia, Quino, Copi et tant d’autres) est bienvenu. Il montre que la vitalité de la BD n’est pas seulement à chercher du côté des États-Unis, de l’Europe ou du Japon. Mais que c’est le monde entier qui s’est approprié ce média exceptionnel qu’on nomme désormais neuvième art.

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2 réponses à “Festival International de la BD d’Angoulême 2008 : mes coups de coeur”

  1. Rosalys a écrit :

    C’est bizarre mais c’est là tout le meilleur que je pense du festival d’Angoulême, spèce de copiteur de pensées ^o^

  2. Hemisphair - 2e saison » Blog Archive » Zoom : Ruan Yuntin (aka Rain) a écrit :

    […] office en la matière. J’ai déjà eu le loisir d’évoquer, dans un précédent billet, mes coups de cœur. Aujourd’hui, je souhaite donner un coup de projecteur sur une artiste chinoise qui officie […]

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