Le phénomène Manga, par France 5
Signalons la mise en ligne d’un reportage autour du manga par France5.fr, tourné à l’occasion de Japan Expo 2007. Le document s’articule autour de deux axes : l’impact de la bande-dessinée japonaise sur la création dessinée européenne et l’engouement pour le Cosplay. Loin des sujets raccoleurs auxquels la télévision hertzienne nous a habitué, cette vidéo (qui gagnerait à être développée sur un format plus long) cerne avec justesse le rapport du public - mais aussi des artistes occidentaux - avec le manga. Les images, captées à l’occasion de Japan Expo 2007, nous présentent une jeunesse bouillonnante, ouverte sur le monde (et qui ne se replie donc pas sur la seule culture nipponne, comme voudraient parfois nous le faire croire certains esprits chagrins). Le public sait ainsi saluer comme il se doit les démarches novatrices : le succès du studio Ankama, éditeur français du jeu en ligne Dofus et de tous les produits dérivés associés (du manga aux peluches) en est un parfait exemple. Qui aurait cru, ne serait-ce que quatre ans auparavant, que des Français seraient capables de bâtir un tel univers multi-médias ? Le genre de projet ambitieux qu’on avait longtemps cru réservé aux Japonais.
Les interventions de Didier Pasamonik (journaliste), Anthony Roux (co-fondateur du studio Ankama, producteur de jeux vidéos en ligne et de mangas français), Yvan West-Laurence (co-fondateur d’AnimeLand) et Alessandro Barbucci (dessinateur) participent à la pertinence de l’ensemble. La contribution de Jean-David Morvan (scénariste) m’apparaît beaucoup moins convaincante : comment cautionner des propos qui, pour expliquer le succès du manga, mettent exagément en avant le fait qu’il se pose comme une contre-culture ? Il y a un pas trop vite franchi dans le lien que le créateur de Sillage établit entre la reconnaissance de la BD par les médias classiques (à l’instar de Télérama) et le succès du manga. Certes, la BD n’est désormais plus (forcément) un objet de “rebellion” ; mais le fossé générationel relatif à la bonne appréhension de l’objet “manga” n’est qu’un facteur parmi d’autres - et non une cause profonde - de l’engouement en faveur des oeuvres venues du Pays du Soleil Levant.
Faut-il rappeler que le manga a lui aussi désormais droit de citer dans les magazines culturels présentés comme “intellos” ?
Sama It!