Séjour à Ann Arbor, pour la conférence WODES’06

J’étais la semaine dernière à Ann Arbor (à 60 km de Détroit), dans le Michigan, pour assister au 8e WOrkshop on Discrete Event Systems (WODES’06). J’y présentais un papier rédigé avec mes deux principaux encadrants de thèse.

Je faisais le déplacement avec Franck, un collègue chargé de recherche au CNRS. Celui-ci a eu bien du courage de partir avec moi, au vu du portrait apocalyptique qu’on lui avait dressé de mon humble personne quand il s’agit de prendre l’avion. Tout était bien entendu infondé, je suis toujours sage comme une image, même assis dans une énorme machine censée voler. Et pas besoin de Lexomil ou assimilé…

Il s’agissait de mon premier voyage en dehors de l’Europe et, de fait, de mon premier contact direct avec les Etats-Unis.

Le jour du voyage

Départ de mon appartement nantais à 6h10, démarrage du TGV à destination de Charles de Gaulle à 7h13, décollage de l’avion pour les Etats-Unis à 14h et arrivée à 22h40… tout cela, heure française. Ramené à l’heure locale, j’ai posé mon pied sur le sol américain (un petit pas pour l’Humanité, un grand pas pour moi ?) à 16h40. Passage par les services de contrôle d’identité, de douane (qui auront été plus cléments avec moi que lors des contrôles à l’embarquement à Roissy où j’ai eu le droit à une fouille au corps, à poser mes chaussures pour passer au détecteur de métaux, à me voir mon bagage à main entièrement fouillé, ceci en sus des questions de sécurité réglementaires). Recherche ensuite d’un bus pour Ann Arbor, la ville universitaire dans laquelle a lieu notre conférence… pour apprendre qu’un tel bus n’existe pas. De fait, nous sommes contraints de prendre un taxi. Qui, au moins, nous a emmené directement à notre hôtel. Il est alors 18h30 heure locale.

Nos chambres sont réservées. Mais je joue de malchance : la chambre qui m’a été réservée est en fait en pleins travaux électriques (oh, des fils dénudés ! Oh, des ampoules pas accrochées selon les normes de sécurité les plus rudimentaires !) ; on m’attribue alors une autre chambre… qui, elle, n’a jamais du être nettoyée depuis le départ du précédent résident (draps sales, papiers qui volent par terre, etc.). Finalement, la jeune fille à l’accueil, confuse, me donne une troisième “chance”… et là, je ne peux plus me plaindre car j’ai hérité d’une chambre double très spacieuse et irréprochable au niveau propreté ! Je dispose ainsi d’un espace non-négligeable pour m’étaler. Pour un peu, je regretterais de repartir dans 5 jours.

Pour ce qui est de mon premier contact avec les Etats-Unis, je pourrais vous parler de ces restaurants baptisés “Gourmet” qui doivent mériter leur appellation pour le simple fait qu’ils proposent une pizza 0.01% moins grasse que celle de leurs concurrents, de la démesure des Universités américaines (oui, tout ce que vous avez vu dans les séries “jeunes”, de Dawson à Buffy en passant par Felicity, existe vraiment !), des accents incroyables des chauffeurs de taxi indiens de Détroit… Tout ceci serait purement cliché, mais aussi tellement vrai. Je vous épargne aussi mes considérations sur le festival de musique d’Ann Arbor, un incontournable pour tous ceux qui ont toujours rêve de vivre dans les années 50 ; les autres passeront leur chemin.

Le jour du coup de tête

Sympathique constatation alors que je débute ma première véritable journée sur le sol américain : je n’ai absolument aucun problème à me mettre à l’heure américaine, j’ai fait une bonne nuit de 9h de sommeil et me lève, ce dimanche, à 8h du matin (soit 14h, heure française).

La matinée est consacrée à la découverte de Ann Arbor… la visite touristique est finalement très rapidement effectuée et je me surprends à glisser un : “Finalement, heureusement qu’il y a le match de foot cette après-midi pour nous occuper !“. Car la ville est purement universitaire, elle se compose d’un centre-ville assez réduit et, surtout, d’un gigantesque campus. Très bien pour étudier, mais pas forcément la destination de rêves pour des vacances (cela tombe bien, nous ne sommes pas en vacances).

L’après-midi, Franck va voir la fameuse finale de la coupe du monde dans un bar retransmettant l’événement sur une multitude d’écrans. Pendant ce temps, je fais le tour des librairies. Je furète dans les rayons, je découvre les dernières tendances (dont le retour prévisible sur le devant de la scène de Superman, avec la sortie de Superman returns et de multiples livres associés). Je tombe aussi sur un gros magasin dédié à la culture japonaise, très “pop-culture” (un peu comme celui qu’on peut trouver dans le 4e arrondissement de Paris) et pas trop “fan-attitude” : un gros choix de produits Hello Kitty, Nintendo et consorts, avec des T-shirts assez amusants.

Quand je rejoins Franck, il reste 10 minutes à jouer dans le temps réglementaire, la France et l’Italie sont à égalité. Je vois dès lors toute la fin du match dans une ambiance fiévreuse. J’assiste donc à la chute de l’ange Zidane. L’idole de la France, le symbole tricolore chute du piédestal qu’on lui avait dressé. Dans La Vie de Galilée, Brecht écrit ce dialogue entre Galilée - qui vient de se rétracter quant à ses découvertes légitimant la théorie Copernicienne - et Andrea, son disciple :

“Andrea : Malheureux le pays qui n’a pas de héros !
Galilée : Non, malheureux le pays qui a besoin de héros !

Le coup de sang de Zidane donne une résonance particulière à ce passage, tant elle pose la question du devenir d’un peuple qui s’en remettrait à ses héros. Zidane peut-il être une idole alors même qu’il se laisse aller à de tels gestes ? Le problème est peut-être plus profond : n’est-ce pas le pays entier qui se trompe en cherchant à ériger ainsi un homme en modèle pour tous ?

Le jour de ma présentation

Lundi arrive vite. Cette première journée de congrès est involontairement placée sous le signe des moyens colossaux dont bénéficient les Universités Américaines. En parcourant Ann Arbor, nous étions déjà soufflés par la taille du campus, la majesté des bâtiments, la propreté des lieux. Nous n’avons pas été déçus en découvrant le lieu réservé pour la conférence. Les salles sont magnifiques, à dix mille lieux de ce qu’il est possible de trouver en France. Que l’Europe soit à la traîne pour ce qui est du budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur, c’est déjà une évidence… mais quand on se rend aux Etats-Unis, on est forcés de constater la taille du fossé qui nous sépare.

Il faut toutefois préciser que le campus de l’Université du Michigan est le plus grand des Etats-Unis. Le soir, était organisé un pot de bienvenue dans le département d’ingénierie et d’informatique. Là encore, l’histoire est là pour témoigner de l’avance américaine : nous avons pu voir “en vrai” le fameux Eniac, l’un des premiers ordinateurs électroniques (n’est-ce pas là le rêve de tout geek qui se respecte ?). Nous avons aussi appris que Larry Page, co-fondateur de Google, sortait de cette fac.

Grandeur et démesure… voilà les deux mots qui résument bien ce séjour américain. Dans un des discours inauguratifs que nous avons entendus, il a beaucoup été question de la mondialisation et de son impact sur la connaissance au sens le plus général du terme. Les Etats-Unis ne sont certainement pas les plus mal placés pour tirer le mieux profit de cette réalité, tant leurs Universités paraissent attractives. Quand on connaît le fonctionnement au quotidien des établissements hexagonaux, on a un peu l’impression que la France a déjà baissé les bras.

Je vous rassure tout de suite, je n’envisage pas d’immigrer aux Etats-Unis. Mais il faut savoir porter un regard lucide sur certains faits. Ce qui signifie aussi qu’il faut garder en tête les contre-parties d’une telle splendeur (construction des campus financés par des industriels, recherche sous influence, inégalité quant à l’accès à l’enseignement, etc.).

Le reste de la journée fut studieux. Ma présentation s’est relativement bien passée, même s’il me reste encore une sacrée marge avant d’avoir la même aisance à l’oral en anglais qu’en français. Et, indépendamment de la langue, mes supports de présentation sont encore grandement améliorables. Un des gros avantages d’une conférence comme celle-ci, c’est de se rendre compte de ce qui ne va pas dans notre présentation, de par les questions qui nous sont posées. Par petites touches successives, il est dès lors possible de perfectionner ses présentations. Il est vraiment plaisant d’avoir des retours sur les travaux qu’on mène habituellement seul (ou avec quelques collègues) dans son bureau, devant son ordinateur.

Le jour du dîner de gala

Le programme de ce mardi est chargé puisque, même pendant la pause déjeuner, se tient une table ronde (portant sur la place des systèmes à événements discrets dans l’industrie) dans la salle de repas. Le soir était, quant à lui, réservé au repas de gala dans une salle de bal de l’Université du Michigan. Bon dîner, avec orchestre et chanteuse à la clef.

Plutôt que de rentrer dans les détails techniques de la conférence (ce qui ne devrait intéresser personne), je préfère m’attarder sur quelques points plus généraux relatifs à la vie quotidienne sur un campus américain.

Aux Etats-Unis, l’été, il fait 15 degrés ! Je n’entends pas par là que le climat soit particulièrement tempéré. Ce que je veux dire, c’est que les Américains sont des malades de la climatisation. Pour une fois, je bénis mon habitude de me promener avec ma maison sur le dos. Car, les premiers jours, j’étais bien content d’avoir gardé un sweat-shirt dans mon sac à dos. Même dans les cars, la climatisation crée une atmosphère glaciale ! Je n’ose même pas vous parler d’un café dans lequel mon collègue et moi avions élu domicile… pour un peu, on se serait cru dans une chambre froide !
Avec de telles dépenses d’énergie, pas étonnant que les Etats-Unis soient réticents à signer le Protocole de Kyoto !

Le campus d’Ann Arbor compte beaucoup de cafés très “américains” : ce sont de véritables lieux de vie dans lesquels les jeunes viennent étudier. Ces endroits étant pourvus en WiFi, les ordinateurs portables pullulent. Et la fermeture n’intervient que tardivement, à minuit ! On est loin de l’atmosphère d’un bar français (enfumé) ou d’un pub britannique (bruyant). Si les neurones carburent, le corps est lui, fortement, pourvu en calories…

Car les portions unitaires, en Amérique, sont bien d’un tiers supérieures à ce qu’on trouve en France. La coupe de fruits à 3$ est énorme, tout comme les cafés, sodas ou… pizzas. Nous autres, Européens, ne boxons pas dans la même catégorie. Mon collègue a une interprétation bien à lui du futur qui attend les Américains : à terme, à force de manger et de grossir, ils vont éclater de l’intérieur. Il serait là, le terrible plan des adversaires des Etats-Unis. Il faut dire que le piège est pernicieux… le corps acceptant assez bien d’augmenter les quantités de nourriture ingérées. Mais cela se paie.

En ce qui me concerne, le plus grand désastre de ce séjour tient dans l’heure de fermeture des magasins. Devinez ce que je fais en sortant du repas de gala sachant que, pour retourner à mon hôtel, je passe devant différentes énormes librairies. Oui, forcément, j’y retourne ! Ce n’est pas nouveau : il faut éviter de me lâcher seul dans des librairies gigantesques, je serais presque capable de me faire enfermer dedans. Je ne suis pas allé jusque là. Mais j’ai immanquablement fait quelques achats. De bandes-dessinées en fait. Car si l’offre de romans anglophone est désormais satisfaisante en France, ce n’est pas le cas pour les BDs. De fait, rien de mieux que de partir aux Etats-Unis pour découvrir de nouveaux titres prometteurs.

Finalement, il n’est pas difficile de deviner, qui de moi ou de ma valise, a pris le plus de kilos.

Le jour du retour

Il est 7h du matin quand je me lève, mercredi, pour ce qui promet d’être une des journées les plus longues de ma vie. La veille au soir, j’ai réussi tant bien que mal à boucler ma valise (car, aux achats sur le continent américain s’ajoutent les documents distribués pendant la conférence : les actes avec l’intégralité des papiers présentés, bloc-note, sac, etc.). Restent deux interrogations : le poids final de celle-ci (à l’aéroport, il s’avérera que ma valise a gagné 7kgs en l’espace de 5 jours… heureusement que nous ne sommes pas restés plus longtemps !) et le passage aux douanes à l’arrivée en France (aucun produit de valeur, mais un certain nombre de bouquins quand même !).

Matinée contrastée avec des exposés parfois de haute tenue, parfois plus faibles. Le midi, déjeuner dans un restaurant japonais. Je me fais remarquer en faisant répéter une dizaine de fois à la serveuse une de ses questions… l’anglais prononcé “à la japonaise” peut décidément être redoutable.
En tout cas, les restaurants asiatiques et italiens sont des bénédictions, aux Etats-Unis, pour garder la ligne !

L’après-midi correspond à la fin des exposés et à des remarques générales faites par les organisateurs. On y apprend que la prochaine édition de ce congrès se tiendra en 2008, en Suède, à Göteborg.

C’est à partir de 16h que nous avons quartier libre. Notre avion décollant à 21h40, nous décidons de rester un temps à Ann Arbor et de nous diriger vers l’aéroport à 18h. Nous voilà de retour dans un café, je mange ma deuxième “fruit cup” de la journée (la première fut celle du petit-déjeuner). “C’est toujours mieux qu’une boisson sucrée quelconque”, me dis-je. Nous discutons, nous vérifions une dernière fois notre courrier électronique (quelle belle invention que le WiFi !) puis nous partons en quête d’un taxi. L’hôtel nous avait indiqué un endroit où les taxis étaient censés passer fréquemment. En vingt minutes, nous n’en voyons passer aucun. Nous appelons donc une compagnie de taxi, la conversation semble épique (j’ai honteusement laissé Franck se dépêtrer de cette affaire, échaudé par mes problèmes de compréhension du midi). Un taxi est alors censé arriver sous peu… toujours rien. Un taxi d’une autre compagnie passe par là, nous n’avons plus trop le temps de faire la fine bouche, nous le prenons.

Nous arrivons à l’aéroport deux heures et vingt minutes avant le décollage. Nous qui craignions de rater notre enregistrement (en France, pour un voyage aux Etats-Unis, il faut être à l’aéroport deux heures avant), nous voyons que nous ne devions pas nous en faire : pour un vol à l’international, il suffit d’arriver une heure avant le départ. Nous enregistrons nos bagages. Je constate que toutes les valises sont systématiquement ouvertes… et souhaite intérieurement bien du courage à l’employé du service de détection pour la refermer ensuite. Nous passons au détecteur de métaux, avec l’obligation de poser chaussures et ceinture. Force est de constater toutefois que les mesures de sécurité sont moindres par rapport à celles appliquées à Paris pour un vol à destination des Etats-Unis.

Nous partons alors nous balader dans le Terminal dédié à Northwest, notre compagnie. Il est immense ! 97 portes et 1.6 kms. Il y a même une ligne de tramway interne pour relier les points extrémaux ! Impressionnant. Dommage que les photos soient interdites ; un aperçu du terminal est toutefois visible sur la page de Wikipédia consacrée à l’aéroport !

Nous retrouvons des chercheurs rennais qui assistaient à la même conférence que nous ; je mange ma troisième coup de fruits de la journée. Je m’achète un oreiller de voyage, empli d’une lueur d’espoir de dormir dans l’avion. A 20h45, un message nous indique qu’un problème mécanique a été détecté dans l’avion, que l’embarquement est repoussé sine die, que des informations complémentaires nous seront données à 21h40. Nous voilà donc partis pour rater notre train à Paris…
Heureusement, tout s’arrange : à 21h10, nous apprenons que l’avion est finalement prêt pour décoller, nous embarquons. Curieusement, tous les scientifiques de la conférence sont au même endroit (nous ne nous étions pas enregistrés en même temps), ce qui fait dire à mon collègue rigolard : “s’il y a un problème dans cette partie de l’avion, la recherche française sur les systèmes à événements discrets est décimée !“.

Le trajet se passe bien, même si la nourriture est, cette fois-ci, très médiocre et la climatisation beaucoup trop appuyée. L’avion n’est pas complet, ce qui permet à différentes personnes de s’allonger sur plusieurs places. Pour ma part, j’étrenne mon oreiller gonflable, mais sans succès. Comme je l’avais craint, je n’arrive pas à dormir.

Arrivée à Charles de Gaulle à 11h30, aucun problème lors du passage aux douanes (personne ne nous contrôle). Je me sens un peu fatigué, mais je me porte encore bien.

Nous mangeons une salade dans un bar. Le service est absolument déplorable. Ce n’est pas la première fois, à Charles de Gaulle, que nous avons l’impression de n’être que du bétail.

Notre TGV part à 13h30 de l’aéroport. Nous sommes tout de suite au parfum des véritables soucis de la France en cette période estivale : autour de nous, les gens ne parlent que du coup de tête de Zidane et dissertent encore sur son bien-fondé.

Le train arrive trois heures plus tard à Nantes. Dès lors, je me dis que tout s’est incroyablement bien passé. Je suis loin de m’attendre à ce que la plus grosse péripétie de mon voyage survienne dans mon immeuble.

J’entre tranquillement dans l’ascenseur avec mes bagages. Là, je commets une terrible erreur : je ne vois pas qu’il y a une abeille. Celle-ci trouve le moyen de rentrer dans le col de ma chemise, elle me pique en bas de la nuque, elle n’arrive pas à ressortir. Sueurs froides ! Vu que je suis (fortement) allergique aux piqûres d’insectes, je prends immédiatement le cachet à base de cortisone que j’ai toujours sur moi en cas d’urgence. Je balance (littéralement) mes bagages chez moi et file en 4e vitesse à la pharmacie. Je ne suis pas rassuré car je ne sais pas la réaction que cette piqûre va générer (la dernière fois que je me suis fait piquer par une bête de ce type, c’était il y a 17 ans… et, à l’époque, je n’étais pas encore allergique aux piqûres de moustiques et d’araignées comme maintenant). La pharmacienne m’enlève le dard, désinfecte la piqûre et me mets de la pommade anti-histaminique pour circonscrire la réaction. Qui est restée plus que raisonnable. J’ai apparemment eu les bons réflexes et ai bien fait de ne pas traîner.

Le long week-end de trois jours est là pour recharger les batteries et pour remettre au fuseau horaire de Paris un corps qui ne sait plus trop où il en est.

Ce “périple américain” a constitué une expérience intéressante et un premier contact avec un pays dans lequel je serai amené à retourner (au vu du nombre d’activités, tant scientifiques que culturelles, organisées là-bas). J’ai bien conscience d’avoir été en contact avec une face très ambitieuse (et proprette) des Etats-Unis. Voilà donc de quoi poursuivre ma réflexion sur la première puissance mondiale.


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