Le respect de ses sources
Il est une pratique à laquelle j’ai toujours été profondément attaché : citer mes sources.
Au collège, lors de nos premiers exposés, nous apprenons à insérer une rubrique “bibliographie” dans nos travaux. Nous n’en comprenons pas forcément toute la portée mais nous nous y plions, bon gré, mal gré.
Et c’est une constante que nous retrouvons tout au long de nos formations, puis de nos métiers. Quel ingénieur, quel chercheur, quel essayiste peut se permettre de ne citer aucune référence bibliographique ?
Accorder la place qu’il se doit à mes sources, c’est à mon sens la moindre des politesses envers les auteurs des textes dont je m’inspire. Ceux qui ont téléchargé mes supports de cours auront pu constater la place importante que je consacre à la bibliographie. Les liens qui émaillent mes billets peuvent tout autant en témoigner.
L’honnêteté intellectuelle et le respect du travail d’autrui tournent parfois à l’obsession chez moi. Alors, quelle n’est pas ma déconvenue quand je découvre des étudiants me rendant des copies identiques, quand je mets à jour de troublants points communs entre deux ouvrages, quand je tombe sur des copier/coller sauvages sans aucune mention des auteurs originaux. Que ce soit quotidiennement au travail ou dans mes activités extra-professionnelles, je m’impose une certaine éthique.
Seulement - et ce n’est pas nouveau - je constate parfois un décalage avec certains de mes contemporains, jeunes et moins jeunes. Et je ne crois pas qu’il faille alors parler d’immoralité, mais plutôt d’amoralité. Désormais, on recopie intégralement des textes récupérés sur Internet (merci Google !), on les assemble tels quels et on les propose à d’autres sans se poser plus de questions. Nulle volonté malicieuse derrière cela. Au pire, une simple ignorance des règles de bienséance intellectuelle. Le réseau fourmille d’exemples de textes empruntés sans qu’il ne soit jamais fait mention des auteurs originaux.
J’ai longuement hésité avant de placer mes écrits sous licence Creative Commons. Ce n’est qu’après une réflexion de quelques années, sur le libre et les conséquences vertueuses que cette philosophie peut générer, que je m’y suis finalement mis de bon coeur. Je reste toutefois attaché à la notion de paternité, un concept peut-être appelé à disparaître. A quoi bon forcer à citer un nom si personne ne s’y attache ?
Les futurs usages d’Internet nous le diront.
J’envisageais hier une réorientation de la ligne éditoriale de ce blog. Vous l’aurez compris, je crois avoir trouvé ma voie.
Avant, j’étais un Adulte Chiant. Maintenant, je suis un Vieux Con.
Quoiqu’on me signale en régie que les deux ne sont pas fondamentalement incompatibles.
Sama It!