Blog et devoir de réserve
Ce soir, j’avais prévu d’écrire un texte sur la nécessité, selon moi, de parler de M. Sarkozy pour le contrer sur son propre terrain.
Seulement, l’écriture même de ce billet ne me mènerait-elle déjà pas trop loin ? Je fais ici référence au fameux devoir de réserve auquel sont tenus les fonctionnaires et auquel je dois moi aussi, de par mon contrat, me plier.
Le statut général de la fonction publique est assez vague pour permettre des interprétations diverses et variées : “Le fonctionnaire doit, dans l’exercice comme en dehors de l’exercice de ses fonctions, éviter tout ce qui pourrait porter atteinte à la dignité de ses fonctions ou à sa capacité de les exercer, donner lieu à scandale ou compromettre les intérêts du service public.”
Tenus par ce devoir, certains préfèrent donc bloguer sous un pseudonyme. Procédé artificiel qui, nous allons le voir, ne garantit rien. Et pour Juriscom.net, Benoît Tabaka prodigue un conseil de prudence aux agents publics souhaitant bloguer.
Le grand public apprend aujourd’hui qu’un proviseur (qui écrivait sous un pseudonyme) a été révoqué à cause de son blog. D’abord une mention sur Europe 1 puis une dépêche de l’AP. Quand les interventions à la radio mettent l’accent sur le contenu visuel du site pour justifier pareille sanction, l’AP présente elle l’homosexualité de l’intéressé comme la principale motivation de cette décision.
Voilà plusieurs jours que la Blogosphère bruissait de cette affaire. Mais les Internautes avaient gardé le silence par égard pour le principal concerné qui souhaitait faire profil bas.
Quand la ligne jaune est-elle franchie ? Aujourd’hui, une révocation pour une orientation sexuelle avouée publiquement ; et demain, une radiation pour une prise de position politique ?
Cette affaire fait froid dans le dos. Quid de la frontière - très mouvante - entre liberté d’expression et devoir de réserve ?
En attendant, je devrais peut-être envisager une réorientation définitive du contenu de ce blog…
Sama It!