La France brûle ? Alors éteignons-la ensemble !
J’ai rarement frémi comme ces jours devant un événement prenant place en France. Rien à voir, je le précise, avec la peur primaire qui avait saisi les électeurs à la veille de l’élection présidentielle 2002 (et à laquelle, vous le savez, je suis imperméable).
Non, ce qui m’interpelle, c’est l’engrenage dans lequel le pays est pris. Tant d’un côté que de l’autre, il n’y a plus de recul sur la situation présente. Chacun jette de l’huile sur le feu et attise la haine.
Nous autres, Français, avons longtemps eu l’arrogance de croire que de telles oppositions entre citoyens étaient réservées aux autres. Pourtant, c’est bien ici et maintenant que l’on assiste à ces graves convulsions.
Ce qui frappe, c’est que tout est désormais en place pour que le conflit, la violence, la douleur et l’incompréhension s’auto-alimentent. Situation inextricable qui ne se résoudra pas d’un simple coup de baguette magique.
Il est temps que chaque citoyen fasse un pas l’un vers l’autre, et non l’un contre l’autre.
Pour une analyse plus pragmatique de la situation, je vous conseille vivement de lire le point de vue de Bertrand sur cette actualité.
Sama It!
07/11/2005 à 09:15
Vu d’ici, c’est quelque chose de complètement incompréhensible. Déjà, j’ai appris la nouvelle très tard. J’ai pas la télé, et je ne pense pas à regarder le JT sur le net. Je devrais sûrement, malgré la désinformation habituelle que j’y trouverais. Ce que je trouve surprenant dans cette histoire, c’est que c’est finalement via les médias que le mouvement s’est propagé… Non ? Car si personne n’avait été au courant des problèmes sur Paris, ça aurait été plus vite réglé ? Bon, je ne suis pas du tout pour la censure, mais je trouve ça quand même assez symptomatique.
Ici, c’est d’autant plus surprenant que… Tôkyô est une des plus grosses mégalopoles au monde, et pourtant la sécurité y est reine. On aura beau me dire que ça s’est dégradé depuis quelques temps, ben, je trouve ça ridicule. A n’importe quelle heure, dans n’importe quelle rue, on se sent en sécurité. Ce n’est même pas qu’on se sent en sécurité, c’est qu’on l’est vraiment.
C’est vraiment étrange de se dire que des villes comme Nantes et Rennes sont en train de “brûler”. Dans le grand ouest, on n’est pas sensé avoir un bon niveau de vie ? Alors pourquoi la situation s’est dégradée plus vite que dans des villes estimées plus à problèmes ? Je n’ai pas de réponses à ces questions, et je suis de toute façon trop loin pour en avoir. Mais imaginer ces lieux qu’on connait, dans lesquels on a vécu dans une telle situation, c’est vraiment étrange. D’autant plus étrange quand j’entends un angevin me dire “Mais tu sais nous à Angers, s’il n’y avait pas les médias, on ne serait pas au courant”. C’est si proche de Rennes et de Nantes, alors comme l’impact peut-il être aussi ridicule ?
08/11/2005 à 01:53
Comme tu en émets l’hypothèse, je crois aussi qu’au coeur des villes, les gens ne se rendent compte de rien. C’est l’image que renvoient les medias qui est au coeur de la situation actuelle. Et ce qui est est quand même le plus impressionnant, c’est le traitement que font les medias de ces événements. Nul doute que la “publicité” qu’ont apporté les grands medias aux heurts qui avaient lieu en banlieue n’a fait qu’empirer la situation. Dans sa chronique du jour, Dominique Dhombres met bien en évidence le feu médiatique autour de ces affaires.
Est-ce que les jeunes qui mettent ainsi le feu aux voitures savent vraiment ce qu’ils font ou ne font-ils que suivre un mouvement général de “ras-le-bol” ? Il est bien difficile d’y répondre. Mais voir la situation se détériorer, les medias l’amplifier, et se rendre compte de tous les mécanismes mis en branle, c’est assez terrible.
08/11/2005 à 13:33
J’ai envie de grogner.
Il y a les catastrophistes, il y a les angélistes, il y a les opportunistes, il y a les victimes et il y a les pantins.
Nous sommesen train de vivre une multi-manipulation qui me fait peur. Villepin qui essaye de shunter Sarko et De Villiers pendant que sa suffisance Hollande, plein d’émois, ne sait plus que dire mais reste vigilant!
Les évènements s’auto-entretiennent, les médias se régalent (CNN couvre les nuits parisiennes comme au meilleurs temps de l’invasion de l’Irak).
Pour finir, je suis pour l’apprentissage à 14 ans car un gamin de 16, 17 ou 18 ans qui veut vivre seul ou avec sa copine et qui touche 250 euros par mois…ça ne le fait pas!
14/11/2005 à 21:33
Saboté n’est pas à une manipulation près. Oser en profiter pour ramener l’âge minimum de scolarisation à 14 ans et faire passer un recul pour une avancée, il faut le faire. Plus que jamais les gamins des “cités difficiles” ont le droit à une éducation complète, y compris culturelle. Les canaliser vers l’apprentissage tandis que le grand Paris aura droit à ses études supérieures relève du cynisme pur et simple. La France manque d’emploi, ce n’est pas en privant les gamins défavorisé du droit à l’éducation, pour lequel on s’est durement battu, qu’on réglera le problème crucial de l’emploi, pour lequel personne actuellement n’a hélas de solution…