Blog, journalisme et politique : une méfiance réciproque
Félicitations aux journalistes du Nouvel Observateur pour le raccourci (voir la phrase “Dans cet espace […] ci-dessous) auquel ils se prêtent dans un papier consacré au contre-coup de la politique médiatique de Nicolas Sarkozy, “Le boomerang de la “politique people”“. Evoquant les photos prises par des badauds alors que le Ministre d’Etat faisait des courses à Darty le mardi 20 septembre en compagnie de sa nouvelle compagne, l’article explique :
“Autour du ministre de l’Intérieur, on s’inquiète de ces pratiques, entrées dans les moeurs si l’on peut dire. Car, immanquablement, ces clichés “volés” pourraient bien finir dans la “blogosphère”, ces réseaux internet où l’image circule en temps réel, sans entrave et sans contrainte, ni juridique, ni morale. Dans cet espace, les mots filent à la vitesse de la lumière, diffusant sans la moindre vérification rumeurs diverses, fausses révélations ou vraies manipulations. Comment contrôler ce Moloch ? Le monstre insatiable est un alibi parfait pour les traqueurs de vie privée : de toute façon, le web a brisé l’omerta, alors pourquoi se gêner ?“
Sama It!
24/10/2005 à 12:07
Lire ces propose de plumitifs habitués à s’émouvoir sans cesse des atteintes à la liberté de la presse, ce serait plutôt croquignolet si il n’y avait pas une vague odeur de censure du net à court terme. Nul doute que le nain de jardin va se voir conforter dans sa parano liberticide!
26/10/2005 à 12:17
Je pense que tu es même trop gentil en titrant sur la méfiance. Lorsqu’on résume le blogue à la rumeur, le mépris n’est tout de même pas très loin. Ce qui est terrible dans ce type de papier, c’est le jeu de miroir qu’on peut lui appliquer. Car, lorsqu’on voit les derniers succès en kiosque, centrés sur les images chocs et un texte réduit à sa plus simple expression, on se demande si finalement le nouvel obs, à travers cette blogosphère incontrôlable, n’analyse pas tout autant ce qu’est devenue la presse “sérieuse”, cannibalisée par sa cousine racoleuse et les médias alternatifs, et qui comprend mal ce qui lui arrive.