Scrutin européen, conséquences nationales
Voilà. Jean-Pierre Raffarin a remis sa démission qui, cette fois-ci, a été acceptée. Il est remplacé par Dominique de Villepin, orateur dont le style se mariait bien avec sa coupe de cheveux lorsqu’il était Ministère des Affaires Etrangères, beaucoup moins à son aise au Ministère de l’Intérieur. Bien au-delà des défauts et des qualités de Messieurs Raffarin et Villepin, ce qui me frappe, c’est qu’un scrutin européen a finalement eu des répercussions majeures sur la vie politique intérieure de notre pays. Rien de bien étonnant quand on voit les calculs politiciens auxquels certains s’adonnaient depuis des mois. Mais il y a, là encore, matière à s’inquiéter : pendant toute la campagne pour le référendum, les hommes politiques - de droite surtout - ont martelé que le vote pour ou contre le TCE était déconnecté des enjeux de politique nationale. Et, finalement, les jeux de chaise musicale ont bien eu lieu à Matignon. Ce n’est pas ainsi - faire tout l’inverse de ce qui a été répété pendant des mois - que les Français reprendront confiance en la politique. Si, encore, avait été nommé au poste de Premier Ministre un homme ayant des projets en phase avec les préoccupations qu’ont témoigné nos concitoyens au cours de ce vote, la décision pourrait être compréhensible. Là, on ne fait que remplacer un homme usé par un homme plus “neuf” dans le regard des Français. Un homme qui n’a pas des idées foncièrement différentes de celles de son prédécesseur. Tout cela n’est que poudre aux yeux. Et si les personnes qui ont voté “non” tombent dans le panneau, ce serait encore plus inquiétant.
Sama It!
01/06/2005 à 09:29
D’accord pour dire que c’est à peine un changement de tapisserie. Pas d’accord pour dire que le changement découle du résultat. Le changement était prévu avant le référendum et de Villepin était déjà favori. Il aurait nommé Besancenot, là on aurait pu penser à un effet du référendum. Plus sérieusement, la seule conséquence du non n’est pas l’arrivée de ce DDV, c’est surtout son jumelage improbable avec Sarkosy. Ce n’est de toute façon pas une réponse au scrutin. Mais quelle était la réponse à un tel scrutin ?
02/06/2005 à 02:11
Totalement d’accord avec toi. Je suis persuadé que si le “oui” avait été majoritaire, Raffarin serait encore premier ministre. Je trouve ça ridicule, ça justifie tous ceux qui ont voté “non” uniquement pour marquer un mécontentement face au gouvernement.
05/06/2005 à 17:41
référendum pour aider à diviser la gauche, nouveau gouvernement pour un renouveau demandé par le peuple d’en-bas si si - ah bon ce n’était pas ça le but du référendum ??, pour Chirac si apparemment - (et mais non ce ne sont pas les mêmes ! avec les mêmes idées ! qu’est-ce qui pourrait bien nous faire dire ça ? ;pp), et enfin, cerise sur le gâteau : retour de Sarkozy aux affaires après une quasi-absence de la campagne qui fâche (dit du référendum)…
oui, ça sent bien les placements de pion pour 2007…
et ça me peine d’autant plus de voir que tout ce qui compte pour eux c’était bien une vue à court terme électorale dans toute cette histoire (je n’irais même pas jusqu’à dire une vue politique à court terme, non on ne parle plus de politique là mais de pouvoir).
*déprimée*