Les Inrockuptibles, béats devant Michel Houellebecq
A ne pas manquer, cette semaine, dans Les Inrockuptibles : un magnifique reportage sur le fabuleux Michel Houellebecq, trois mois avant la sortie de son nouveau chef d’oeuvre, La Possibilité d’une île. Le papier est remarquable, agrémenté de photos toutes aussi enthousiasmantes : Michel Houellebecq en gros plan (couverture du magazine), Michel Houellebecq les mains sur un rocher, Michel Houellebecq dans les rues d’un village andalous, Michel Houellebecq au milieu des marches d’un vieil escalier, etc. L’article relève presque de l’enquête (du type “on a retrouvé Michel Polnareff“), expliquant qu’”on l’imaginait à l’ouest de l’Irlande, [Michel Houellebecq] était au sud de l’Espagne.” On apprend que l’auteur des Particules Elémentaires est heureux, qu’il rompt un silence entretenu depuis trois ans (pourtant, quand on y regarde de plus près, il semblerait que même Lionel Jospin ait observé une retraite plus poussée que Michel Houellebecq). L’ensemble est particulièrement révélateur.
Car c’est quand ils évoquent les auteurs qu’ils louent jusqu’à plus soif que Les Inrocks baissent le masque et dévoilent leur véritable nature : le Paris Match des tenants d’une culture qui se voudrait réfléchie, underground, et, pour tout dire, “intelligente” (avec tout le mépris que cela implique). Il est vraiment amusant de constater que les procédés sont si similaires, alors que le magazine people du jeudi se fait régulièrement épingler par tous ceux qui se déclarent défenseurs de la “vraie” culture. Il y a là une hypocrisie certaine.
Peut-être que, finalement, la seule différence entre les deux hebdomadaires réside dans leur orientation politique respective. Celle-là même qui me fait lire Les Inrocks chaque semaine, en dépit de leurs nombreux défauts.
Pendant ce temps, tout se met en place pour que le nouveau roman de Michel Houellebecq fasse un carton. Merveilleuse stratégie marketing. Jean-Paul II aura été le souverain pontife qui aura su mettre les medias au coeur de l’Eglise (à moins que ce ne soit l’inverse ?), Michel Houellebecq est, quant à lui, le pape de l’utilisation de ces mêmes medias pour la création d’un buzz littéraire. Impressionnant. Et effrayant.
Sama It!
07/05/2005 à 01:11
Tu as fait exprès de taper Houellebecq de toutes les façons différentes pour les moteurs de recherche ? ;-)
Les Inrocks, c’est un peu moins une imposture que Technikart mais c’est pas mal dans le genre non plus. Ces intellos, je vous jure…
07/05/2005 à 09:53
Pas vraiment, j’ai un problème pour écrire correctement son nom (voilà qui devrait être corrigé maintenant ;-)). Merci pour la remarque :-)
08/05/2005 à 17:00
J’ai lu les Inrocks pendant mes années de lycée. A cette époque, le magazine était encore mensuel. J’aimais beaucoup ce ton différent des magazines musicaux en vogue à l’époque (Rock&Folk, Best), et, en plus, ils parlaient aussi de littérature, cinéma, art. Puis le magazine est passé en hebdomadaire. Peu à peu, j’ai décroché. Plus assez axé sur la musique, et ce culte de la formule facile en guise de critique. Deux évènements m’ont fait abandonner les Inrocks : la publication d’un billet d’humeur insultant adressé à J.J. Goldman (qui est pourtant loin d’être mon chanteur préféré…), et la publication d’un hors-série consacré à Björk (que j’aimais bien, pourtant, à l’époque) consternant de flatterie et de condescendance.
Sinon, je le prends de temps en temps quand il y a un CD avec…