Comment offrir aux lycéens et étudiants une vision claire sur l’offre de formation disponible dans la région Pays de la Loire ? Voilà le genre de questions auxquelles permettra de répondre le déploiement de CDM-fr (Course Description Metadata) dans les établissements d’enseignement supérieur. Nicolas Postec, co-responsable de CDM-fr à la SDTICE, est venu présenter le projet au groupe TICE de la Confédération Régionale des Grandes Écoles des Pays de la Loire. Voici une synthèse de son intervention du 3 mars 2010.
CDM-fr n’est pas un nouvel outil, mais un langage de description - basé sur XML - des offres de formation des établissements (dont le schéma est téléchargeable en ligne). Il s’agit d’un profil français de la norme CDM né en Norvège.
Quid de la représentativité de CDM-fr sur le plan mondial ? En fait, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de format universel pour décrire les formations.
Les grands campus américains ne se sont pas coordonnés. Ils s’avèrent plus dans une logique de communication/promotion de leurs programme que dans une optique de descriptif de leurs formations. Les choses sont un peu différentes en l’Europe, où a émergé l’idée de construire une norme compatible avec les différents langages de description de formation : français/anglosaxons/etc. (CDM, CDM-fr, EMIL, XCRI-PAS). C’est dans cet esprit que sont actuellement menés les travaux autour d’une future norme européenne MLO sous 3 ans. De fait, dans 3 ans, il y aura peut-être une norme européenne intitulée MLO qui s’appuiera, entre autres, sur CDM-fr. Ainsi, les établissements dont le programme sera déjà au format CDM-fr pourront passer à MLO, moyennant des modifications mineures.
Quant à la France, elle abrite à l’heure actuelle, deux formats pour la description des offres de formation :
- LHEO : Langage Harmonisé d’Échange d’informations sur l’Offre de formation (développé sous l’impulsion du Ministère du Travail). LHEO travaille surtout sur les dispositifs de formation continue et professionnelle.
- CDM-fr : en cours de normalisation auprès de l’AFNOR.
Actuellement, il y a une convergence de LHEO et CDM-fr au sein de cette procédure de normalisation. CDM-fr est donc un projet viable, amené à constituer une brique solide pour la description des catalogues de formation.
CDM-fr a pour objectifs, entre autres, de :
- faciliter l’information des étudiants et de leur permettre de connaître précisément les formations d’enseignement supérieur dispensées ;
- décrire l’offre de formation et son environnement (les qualités d’accueil, les bâtiments, etc.) ;
- présenter les débouchés (les emplois possibles, les poursuites d’études, etc.) ;
- unifier la description des offres de formation.
Une fois CDM-fr déployé, il devient possible de bâtir des portails rassemblant les informations provenant de différents catalogues CDM-fr, sur un principe de fonctionnement similaire aux sites web agrégeant des flux RSS/Atom. Certains établissements ont d’ores et déjà implanté CDM-fr. Parmi eux figurent l’Université de Rennes 1 ou les établissements de l’Université Numérique Régionale Nord Pas de Calais.
Depuis 2008, on assiste à la généralisation de CDM-fr par l’organisation de formations qui y sont dédiées, la diffusion des bonnes pratiques, et la participation aux instances normatives françaises. CDM-fr est désormais inscrit dans les recommandations du Ministère sur la bonne structuration du système d’information des établissements d’enseignement supérieur français.
D’un point de vue pratique, CDM-fr implique de formaliser le descriptif des enseignements. Ce qui impose de disposer d’une organisation fonctionnelle de l’établissement, de choisir une source primaire d’information (le service communication, la direction des études, etc.), d’alimenter la bases de données, de la compléter et ensuite de la valider. Se pose également la question de la stratégie d’affichage à adopter (i.e. quelles sont les plate-formes sur lesquels le programme de formation doit être diffusé ?).
La mise en place de CDM-fr nécessite la contribution des enseignants et des unités de formation d’une part (fournisseurs primaires d’information, garants de la qualité de l’information, responsables de la mise à jour) et des services centraux d’autre part (CRI, cellules de communications, cellules TICE, DSI, …).
Une version 2 de CDM-fr est actuellement en cours de spécification, en collaboration avec la DGESIP (qui habilite les Masters), l’AERES, la SDTICE ainsi que les producteurs de supports techniques. Très rapidement, CDM-fr devrait être préconisé par les instances d’évaluation. En effet, celles-ci comptent sur CDM-fr pour alimenter les applicatifs servant les processus d’évaluation et de contractualisation. Évidemment, la version 2 de CDM-fr sera rétro-compatible. Parmi les améliorations prévues, la version 2 de CDM-fr prendra en compte les mécanismes de co-habilitation de diplômes entre plusieurs établissements.
Au final, la mise en place de CDM-fr dans un établissement d’enseignement supérieur représente un défi non seulement informatique, mais surtout organisationnel. En effet, si CDM-fr incite à adapter les outils du système d’information de sorte à intégrer les bonnes informations et à automatiser la génération du fichier CDM-fr (ainsi des outils tels que Ksup ou Coktail offrent des modules d’export CDM-fr), il nécessite surtout de disposer de processus formalisés pour le remplissage, la mise à jour et la validation du descriptif des formations. Là est peut-être l’obstacle principal pour passer à CDM-fr.
Nota bene : ce billet est provisoirement publié sur mon blog personnel. Il sera prochainement mis en ligne sur le blog TICE de Centrale Nantes, dont le lancement est prévu dans les prochaines semaines. Je vous tiendrai évidemment au courant !