Le manga en bonne place au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême 2010 !

30/01/2010 par Morgan

J’ai souhaité donner une connotation japonaise à ma deuxième journée passée à Angoulême. Il faut avouer que le programme s’y prêtait particulièrement bien.

Aux alentours de midi, la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image (CIBDI) était le siège d’une rencontre avec Seiichi Hayashi, l’auteur d’Élégie en rouge (paru chez Cornélius). Le mangaka s’est montré particulièrement disert. Il faisait de chacune de ses réponses un récit à part entière. Il a ainsi retracé son parcours dans le monde du dessin et de l’animation. Passionné par l’image dès son plus jeune âge, il avait désossé l’appareil photo de son père pour en faire un banc d’animation sommaire. À l’issue de ses études, il a intégré Toei Animation. C’était le début des productions de séries animées à la télévision. À cette époque, le studio fondé par Osamu Tezuka, Mushi Production, était sur le point de diffuser à la télévision l’adaptation animée d’Astro Boy. L’animation (et la bande dessinée) semblaient ne pouvoir cibler que les enfants. Mais des magazines tels que Garô ont alors fait leur apparition. Seiichi Hayashi a expliqué combien ce magazine fut une révolution et une découverte pour la centaine d’animateurs qui travaillaient alors au sein de Toei Animation : il était bel et bien possible de faire de la BD pour adultes, avec la possibilité d’exprimer des choses totalement nouvelles ! À travers chacune des anecdotes de Seiichi Hayashi, on sentait bien qu’on avait affaire à un véritable témoin des révolutions successives qui ont touché le manga et l’animation japonaise.


Autre talentueux auteur présent à Angoulême : Makoto Yukimura (créateur de Planètes chez Panini Manga et de Vinland Saga chez Kurokawa), qui donnait une conférence sur son travail de mangaka. Pendant près de deux heures, le public a ainsi pu découvrir  comment se créé un manga, du pré-découpage réalisé par l’auteur pour évaluer le rythme de son chapitre aux planches finales en passant par le crayonné et l’encrage. Le mangaka de Planètes s’est notamment attardé sur certaines des spécificités de la BD japonaise, notamment les lignes de vitesse.

L’intervention était didactique, drôle et enrichissante. Makoto Yukimura a du recul sur son art et sait en parler avec passion et enthousiasme. Il a, par exemple, expliqué qu’en ouvrant des mangas publiés en dehors du Japon, il avait imaginé combien la tâche des lettreurs occidentaux était ardue : en effet, les Japonais ont coutume de faire des bulles très étroites, adaptées pour une lecture de haut en bas, et absolument pas pensées pour des textes écrits de gauche à droite. Mais Makoto Yukimura souhaite que ses oeuvres puissent être lues non seulement au Japon, mais aussi à travers le monde. De fait, il a décidé de faire des bulles homogènes, dans lesquelles il est aussi facile d’écrire de haut en bas que de gauche à droite, espérant ainsi faire amende honorable pour toute la profession qui a fait souffrir les lettreurs.


Autre preuve d’humour : Makoto Yukimura est très humble sur sa vitesse d’exécution. Il a ainsi expliqué qu’il lui fallait environ 3 heures pour réaliser une planche en crayonnés (une performance tout à fait honorable quand on voit le niveau de détails de ces crayonnés !). Un rythme qu’il imagine beaucoup plus lent que celui de Eiichiro Oda… “mais je pense que M. Oda ne doit pas avoir beaucoup de vacances. Je me considère beaucoup plus comme un fonctionnaire du manga !“, a-t-il alors ajouté. Plus tard, il ajoutera “ma philosophie, c’est de prendre le temps de faire les choses au maximum de mes possibilités. Pour un mangaka, la denrée rare, c’est le temps, et non pas les outils.

La rencontre s’est conclue par un jeu de questions/réponses avec le public. Makoto Yukimura a évoqué ses difficultés à convaincre les responsables éditoriaux de l’intérêt des thèmes qu’il a abordé avec Planètes et Vinland Saga. Pour ce dernier titre, il a justifié son choix de placer l’histoire à l’époque ultra-violente des Vikings : quel meilleur contexte aurait-il pu prendre pour mettre à l’épreuve et légitimer la philosophie d’un personnage refusant de recourir à la violence ? Enfin, il a évoqué les mangas qu’il apprécie, notamment One Piece. Mais surtout Ikkyu, de Hisashi Sakaguchi, sur lequel il paraissait intarissable. “En lisant cette oeuvre, j’ai découvert que le manga pouvait poser des questions non seulement essentielles, mais aussi existentielles.

Par ce propos, Makoto Yukimura a fourni un bel argument à tous ceux qui tentent de faire connaître la richesse de la bande dessinée japonaise au-delà des carcans. Une démarche que l’on retrouve  au cœur même du festival, grâce à l’exposition “Même pas peur des mangas !” au pôle Jeunesse logé au CIBDI. Une expo (réalisée par Julien Bastide, Matthieu Pinon et Meko) qui fera date et qui mérite d’être recommandée à toutes les bibliothèques de France !


Le manga est démystifié, à travers ses principaux genres : le manga pour adolescents, pour adolescentes et pour adultes. L’ensemble fourmille de bonnes idées : les principales caractéristiques du héros de shônen manga ou de l’héroïne de shôjo manga sont résumées via des silhouettes dédiées, un panneau synthétise des conseils de lecture en fonction de l’âge, l’habillage graphique met en avant les titres incontournables parus en France (avec, d’une part, les couvertures des mangas en question, mais aussi une fresque avec les visages des principaux héros de mangas), etc. Nul doute que les parents, après avoir lu ces panneaux, se sentiront plus à l’aise pour comprendre l’univers des mangas lus par leurs enfants !




Avec un tel foisonnement d’activités, qu’on ne dise plus que le manga est le parent pauvre du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême !

Aperçu du Festival International de la Bande-Dessinée d’Angoulême 2010

29/01/2010 par Morgan

Pour atteindre Angoulême, en ce premier jour de festival, il fallait braver brouillard et verglas. Des conditions climatiques qui donnaient l’impression d’évoluer dans une cité en plein milieu des nuages. Effets visuels garantis quand il s’agit, par exemple de découvrir des Tuniques Bleus sur la place de la mairie ! Petit aperçu de mes premiers coups de coeur.

Le Manga Building accueille une exposition sur l’un des plus grands shônen mangas de la décennie : One Piece. Avec des fac-similés des planches de deux chapitres, des reproductions des décors ayant servi à la série animée, des bornes de démonstrations des jeux vidéos sur Wii et un immense Tony Tony Chopper !


Le jeudi est généralement la journée la moins fréquentée. L’occasion d’obtenir quelques dédicaces auprès de jeunes auteurs sympathiques et dynamiques !

Par exemple, la talentueuse Miya. Celle-ci est l’auteur du très bon shôjo manga français Vis-à-Vis (chez Pika), que je ne peux que vous conseiller. Il s’agit là d’un des tous meilleurs mangas français, au même titre que Dreamland de Reno ou encore Pink Diary de Jenny !


Côté bande-dessinée chinoise, l’éditeur Xiao Pan propose en avant-première un superbe ouvrage collectif intitulé China Girls. On y retrouve les œuvres d’auteurs déjà croisés lors de précédentes éditions du festival (Rain, Ji Di, …). Mais on découvre également des nouveaux venus d’ores et déjà dotés d’un sacré coup de pinceau. C’est le cas par exemple de la jeune MaXin, présente sur la manifestation.


Fait marquant de l’édition 2010 : la place accordée à l’édition numérique sous toute ses formes. Preuve en est : un espace clairement identité y est désormais consacré ! Édition participative à la MyMajorCompany avec manolosanctis, visualiseurs iPhone proposés par AveComics! et autres initiatives autour du support numérique, les acteurs se multiplient au fil des ans. Le sujet est chaud et fait parler. Mais il est encore bien difficile d’imaginer la manière dont le secteur va (ou non) se développer au cours des prochaines années.


Cette première journée pouvait se terminer de différentes manières : cérémonie d’ouverture au théâtre d’Angoulême, projection de Yona, la légende de l’oiseau sans aile… Pour ma part, j’ai plutôt choisi d’aller faire un tour au vernissage de l’exposition Café Frappé (par l’équipe de Choco Creed). Une belle infusion de talents en tous genres ! À découvrir au plus vite !


Terminons sur une joyeuse anecdote : les trois membres fondateurs d’Univers partagés sont simultanément présents à Angoulême cette année. C’est un fait unique depuis la création de notre association ! Nous allons fêter cela comme il se doit. Et puisque l’un de nos objectifs est de promouvoir la création dessinée sous toutes ses formes, donnons un coup de projecteur sur nos collègues de BD Associées (stand F8, dans la bulle “Le Nouveau Monde”, espace BD Alternative) qui accueillent Rosalys en dédicaces de vendredi à dimanche, entre 13h et 15h, pour son artbook Cute Flowers.

La mangathèque idéale : conférence de Jean-Marie Bouissou à l’Espace Diderot de Rezé

20/01/2010 par Morgan

Dans le cadre d’une animation autour de la littérature et la bande-dessinée japonaise, la médiathèque de Rezé (44) accueillait aujourd’hui une conférence de Jean-Marie Bouissou, directeur de recherche à Science Po’, spécialiste du Japon contemporain et initiateur du Manga Network (groupe de recherche franco-japonais sur le manga). Le public avait répondu nombreux à l’appel, puisque plus de 50 personnes se pressaient pour découvrir - ou redécouvrir - le manga.

Jean-Marie Bouissou a décomposé son exposé en deux parties. La première s’est attachée à replacer la production de BD au Japon dans son contexte socio-culturel, à savoir que les Japonais ont une vraie culture de l’image dessinée. Le manga est un produit de consommation courante. Les tirages de BD sont sans commune mesure avec ce que l’on connaît en France. Si les tirages relatifs représentent annuellement, dans l’hexagone, 1 BD par français (comprendre par là qu’environ 60 millions d’albums sont ainsi imprimés chaque année), ils sont de 6 albums par Japonais !

L’universitaire est revenu sur le fort lien qu’a le manga avec l’actualité. En prenant par exemple le cas d’un des premiers mangas parus en France, dans les années 80 : “Les secrets de l’économie japonaise” de Shotaro Ishinomori, préfacé par Christian Sauter (devenu plus tard ministre). Ou encore le cas de ces titres relatant l’épopée de Carlos Ghosn à la direction de Nissan, ou la campagne victorieuse de Barack Obama à la l’élection présidentielle des États-Unis. Il a ensuite détaillé son propos via Ki-itchi!, un titre qui, dès son premier tome, confronte son jeune héros au problème des sans-domiciles fixes nippons. Un scénario très fortement ancré dans la réalité japonaise, avec un personnage qui grandit et évolue au fil des tomes. Voilà donc ce qui constitue une des caractéristiques de la bande dessinée japonaise !

Jean-Marie Bouissou a dès lors repris la plupart des clichés entendus autour du manga pour les démonter un par un. “Certes, le manga est violent, mais la société japonaise est violente“, a-t-il expliqué, présentant ainsi la BD comme un des moyens cathartitiques de soulager ces pulsions de violence. De même, “le manga peut être scatologique, mais les Japonais - de par la religion shintoïste et l’histoire de leur agriculture - n’ont pas la même relation aux excréments que les Occidentaux, excréments humains qui, pendant longtemps, furent le principal engrais.” L’orateur s’est attaché à montrer que tout cela constituait une facette tout aussi véridique du Japon que l’image d’Épinal des cerisiers en fleur. Et pour enfoncer le clou, il a repris les courbes montrant le nombre de meurtres et de viols aux États-Unis et au Japon : la comparaison est à l’avantage du Pays du Soleil Levant et ce, évidemment, en dépit de la violence pré-supposée de sa bande-dessinée !

Dans la deuxième partie de sa présentation, Jean-Marie Bouissou s’est consacré à la présentation des 12 titres qui, selon lui, constituent la mangathèque idéale. Des choix par lesquels il a voulu mettre en évidence la variété de la production japonaise, mais aussi affirmer ses propres goûts. Voici donc la liste des 12 mangas qui sont, selon lui, particulièrement dignes d’intérêt : Les Larmes de la Bête de Yoshihiro Tatsumi, L’Arbre au Soleil de Osamu Tezuka, Satsuma de Hiroshi Hirata, Stratège de Hideki Mori, Kenichi Sakemi et Sentaro Kubota, GTO de Torû Fujisawa, Rosario+Vampire de Akihisa Ikeda (un choix qui a de quoi surprendre !), Chobits de Clamp, Happy Mania de Moyocco Anno, Pink de Kyoko Okazaki, Nausicaä de Hayao Miyazaki, Galaxy Express 999 de Leiji Matsumoto et enfin Gunnm de Yukito Kishiro.

La rencontre s’est terminée par le jeu des questions/réponses avec le public. Des interrogations classiques (”pourquoi des grands yeux ? La BD japonaise est-elle segmentée ? Les dessinateurs japonais travaillent-ils avec des scénaristes ? etc.“) qui justifient pleinement que bibliothèques et médiathèques organisent ce type d’événement !

Aurore invitée de la 2e édition de Bulles de Mangas à la FNAC de Nantes mercredi 20 janvier à 17h30

18/01/2010 par Morgan

Dans le cadre de la deuxième édition de Bulles de Mangas le 20 janvier, nous aurons le plaisir d’accueillir Aurore, dessinatrice d’Elinor Jones (Éditions Soleil) et Pixie (Éditions Delcourt) !

Elle viendra nous parler de son travail sur Elinor Jones qui sera justement disponible en avant-première pour la rencontre.

Nous évoquerons aussi… ses autres projets en tant qu’illustratrice/dessinatrice, par exemple son travail régulier sur les affiches de Japan Expo. Un grand moment en perspective, tant Aurore est emblématique de cette jeune génération d’auteurs qui contribuent à l’intégration des codes du manga dans la BD franco-belge !

Rendez-vous mercredi à 17h30 à la FNAC de Nantes !

Photos et documents autour de la 3e journée Manga-tan : cosplay et conférence

02/11/2009 par Morgan

Vous pouvez retrouver dès maintenant photos et liens complémentaires concernant la 3e Journée Manga-tan qui s’est tenue à Nantes ce premier novembre sur la page Facebook d’Univers partagés. Je vous invite vivement à en devenir fan, de manière à être informés rapidement des retours de la presse sur cette journée, à découvrir des photos exclusives, etc. Nous allons mettre à jour cette page Facebook très régulièrement. Nous allons également proposer une compilation des différents liens vers les galeries photos qui seront publiées, ici et là, sur le web. Nous proposerons plus tard (le temps pour nous de faire le montage) une vidéo rétrospective de la 3e journée Manga-tan.

Nous avons battu notre record, tant en termes de fréquentation (plus de 1600 personnes pour le cosplay) que de participation (48 cosplayeurs - répartis en 10 participants au concours individuel, 6 groupes, et 3 passages en défilé libre - et 8 modèles pour le défilé Lilly Seekwet) ont foulé la scène de la Cité des Congrès pour cette édition. Merci sincèrement à tous - cosplayeurs, jury, public - pour votre présence et votre soutien à cet “événement dans l’événement” (je cite ici le directeur de la Cité des Congrès, lors de la soirée d’ouverture du festival) en partenariat avec la TAN.

Rendez-vous l’an prochain, pour une édition que nous essayerons de rendre encore plus belle !

Rebuild of Evangelion, ou la flamme ravivée pour une passion vieille de plus de 10 ans

02/11/2009 par Morgan

1. Evangelion est certainement, avec Albator et Dragon Ball, la série qui a eu le plus d’impact sur ma passion pour l’animation japonaise. C’est en 1997 que je l’ai découverte, d’abord par la grâce d’une K7 VHS (oui, je parle presque d’une époque que les moins de 15 ans n’ont pas connu) exclusive vendue avec le magazine Joypad, et qui contenait une dizaine de minutes de cette oeuvre qui faisait alors grand bruit au Japon. Puis par l’intermédiaire des K7 VHS de Dynamic Vision (devenu par la suite Dybex). C’est bien clair : rien n’a jamais égalé l’excitation précédant la sortie d’une de ces nouvelles VHS. Combien de fois ai-je pu passer chez mon revendeur de K7 d’animation japonaise pour lui demander si “le précieux” n’était pas arrivé ? En même temps, il y avait l’essor d’Internet (auquel j’ai eu accès la même année). Je ne peux m’empêcher d’essuyer une petite larme en me rappelant les débats enfiévrés, sur le newsgroup fr.rec.anime, qui suivaient la diffusion de chaque épisode sur C: (chaîne que je ne captais malheureusement pas). Et ce n’est pas tout à fait un hasard si un des premiers articles que j’ai écrits pour mon site web, en 1998, était dédié à cette belle œuvre.
Neon Genesis Evangelion, c’est vraiment la série qui m’a définitivement convaincu d’aller au-delà des titres de pur divertissement à la Dragon Ball ou Saint Seiya. C’est la série qui a accompagné la fin de mon adolescence, avec tout ce que cela peut impliquer comme effet “Madeleine de Proust”. Seulement, le projet Rebuild Of Evangelion (quatre films annoncés entre 2007 et 2011) ne joue pas seulement sur la nostalgie des fans. Il s’agit d’une véritable relecture de l’univers Evangelion. Susceptible de plaire tout autant aux vieux fans qu’aux adolescents de maintenant.

2. Pourquoi tenir à proposer Rebuild of Evangelion dans la programmation du festival Utopiales, manifestation à laquelle je collabore depuis 2006 ? D’abord parce qu’Evangelion est un des titres phares de la culture visuelle japonaise, comme avait pu l’être Gundam en son temps. Il s’agit d’un incontournable qui, en étant remis au goût du jour, méritait une mise en lumière toute particulière ! Surtout que Hideaki Anno et le studio khara (qu’il a fondé spécialement pour l’occasion) et Gainax ne se sont pas moqués de nous. Loin d’être une simple compilation de la série originelle, les longs métrages offrent beaucoup de matériau inédit, tant dans la forme (tous les plans ont été réalisés spécialement pour l’occasion, avec une finesse bien plus importante qu’à l’époque) que dans le fond (nouvelle psychologie de personnages tels que Rei ou Asuka, nouveau personnage, …).
J’ai réalisé dernièrement que, dans mon enthousiasme à proposer Evangelion dans le cadre de la journée Manga-tan, il y avait aussi la volonté de participer à mon tour à la popularisation de cette oeuvre culte. Peut-être y aura-t-il, au sein du public des projections d’Evangelion 1.0 et 2.0, des personnes qui seront durablement marquées par ces films et qui, dans une dizaine d’année, auront repris le flambeau pour promouvoir cette oeuvre - et plus généralement le manga et l’animation japonaise ?

3.  Si Evangelion 1.0 commençait par des scènes d’une très grande fidélité à la série télévisée d’origine (au point de faire dire à certains tristes sures que les storyboards de 1995 avaient resservi “tels quels”), il s’en écartait progressivement… pour proposer une relecture assez époustouflante du climax des épisodes 5 et 6 de la série animée à travers l’Opération Yashima. Evangelion 2.0 s’ouvre avec des scènes de la même intensité. On en viendrait presque à penser que, si le début d’Evangelion 1.0 était aussi académique, c’était pour rassurer des investisseurs parfois échaudés par l’imprévisibilité de Hideaki Anno. Il suffit de regarder les dix premières minutes du deuxième volet pour être complètement soufflé… le spectateur est alors complètement scotché dans son siège, à se demander ce qui pourra lui arriver ensuite.

4. Nombreuses sont, au final, les différences entre le 19 premiers épisodes de la série animée de 1995 et les deux premiers volets du projet Rebuild. Hideaki Anno et le studio khara ont bien compris qu’on ne raconte pas, en 2008-2009, une histoire de la même manière qu’on le faisait au milieu des années 90. Surtout quand on passe d’un format d’épisodes d’une vingtaine de minutes à des longs métrages de plus de 90 minutes. Si l’aspect feuilletonesque demeure du fait du découpage en 4 films (un côté pleinement assumé, comme en attestent les trailers à chaque fin d’épisode), chaque volet se devait de constituer un tout. Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone mettait en exergue le lien naissant entre deux personnages qui se croyaient définitivement seuls au monde, à savoir Shinji et Rei. Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance montre, quant à lui, combien ces deux adolescents - désormais rejoints par Asuka - évoluent, forts de leurs interactions les uns avec les autres. Les traits de caractère de chacun de membres de ce trio ont évolué, surtout du côté féminin. Est-ce à dire qu’en 2009, on dit plus les choses du coeur qu’en 1995 ? Une chose est sûre : les Asuka et Rei d’Evangelion 2.0 mettent beaucoup plus de mots sur leurs sentiments que leurs homologues de la série télévisée (pour accentuer cette différence, Asuka a même changé de nom !). Cette tendance est confirmée par un des fils conducteurs du film, un dîner que Rei souhaite offrir aux deux hommes de sa vie. Les rapports de “force” entre chacun des membres de ce trio sont très bien repensés, avec l’ajout d’une dimension romantique en partie absente de l’oeuvre originelle. Sur le sujet, on ne peut qu’apprécier la manière dont Anno joue avec les références que ne manqueront pas d’avoir certains spectateurs. Comment ne pas relever le recours à des musiques issues de Entre elle et lui, adaptation animée d’un shôjo manga de Masami Tsuda pour laquelle Anno avait réalisé deux épisodes complètement électriques.

6. Pour ceux qui aiment se creuser la tête sur les mystères d’Evangelion, terminons par un avertissement : ne prenez pas forcément au sérieux tous les éléments disséminés dans les trailers à la fin de chacun des films. En effet, le trailer d’Evangelion 2.0 proposé à la fin d’Evangelion 1.0 annonce la couleur : on y aperçoit deux scènes au final absentes du second opus cinématographique. La première nous montre Misato giflant Ritsuko (adaptation d’une scène apparaissant dans l’épisode 16 de la série, quand Misato et Ritsuko travaille sur une solution pour faire sortir l’Eva-01 et Shinji de la Mer de Dirac, un Ange qui l’a absorbé). La seconde présente la nouvelle pilote d’Eva, Mari Illustrious Makinami, en costume d’écolière (anglaise ?), en train de contempler des explosions en forme de croix : une scène qu’on retrouve dans l’épisode 2.0, mais avec un autre décor : d’une part, quand Mari observe l’explosion du troisième Ange au début du film (mais elle est alors en plug-suit) ou, un peu plus tard, quand elle regarde le GeoFront… là où la scène du trailer laisserait plutôt penser qu’elle assiste à l’attaque du dixième Ange, Zeruel.  Mais, concrètement, il n’y a rien de tel dans Eva 2.0. Se pose donc évidemment la question de savoir à quel point le réalisateur a déjà détaillé la trame des prochains films lorsqu’il prépare le trailer de ceux-ci. Le trailer d’Evangelion 3.0 donne-t-il un aperçu pertinent du prochain épisode ou, au contraire, nous mène-t-il vers de fausses pistes ? Quand je relis les paroles de “Beautiful World” d’Hikaru Utada (qui sert de générique aux deux premiers volets de Rebuild Of Evangelion, sous la forme de deux mix différents mais totalement similaires au niveau des paroles), je ne peux m’empêcher de penser que Anno nous prépare peut-être un aussi gros coup qu’à la fin de la série télévisée. Le mystère qu’il parvient à recréer attise - forcément - la curiosité.

Photos de la soirée Flander’s Company / Damned aux Utopiales de Nantes

30/10/2009 par Morgan

L’animation consacrée à la Flander’s Company et à Damned que nous organisions hier dans le cadre des Utopiales, à Nantes, s’est très bien passé. Tout d’abord, un grand merci à Ruddy Pomarede et à Frédéric Hosteing pour leur disponibilité, leur gentillesse et leur professionnalisme ! Merci à la Cité des Congrès pour la gestion technique irréprochable de la soirée, merci à Kaze (éditeur de la série en DVD) pour cette belle collaboration, merci à la FNAC pour l’organisation sans faille des dédicaces et merci beaucoup au public d’avoir répondu présent !

La journée a été riche en échanges entre les acteurs de la Flander’s Company et le public. Le programme était chargé, entre rencontres avec la presse, projection-débat, et séance(s) de dédicace (la séance prévue à 18h30 a eu tellement de succès qu’une seconde séance s’est déroulée à 22h30 à l’issue de la projection-débat). Ruddy et Frédéric ont mis le feu à la Grande Halle de la Cité des Congrès. Ils étaient d’ailleurs venus avec quelques cadeaux pour les spectateurs. Notamment le 4e épisode de la saison 3 de la Flander’s Company en avant-première, épisode dont la projection a remporté un véritable succès populaire. Voilà qui présage du meilleur pour le reste de la saison, à découvrir sur NoLife le vendredi, à partir de fin novembre.

Vous pouvez d’ores et déjà retrouver nos photos de cet événement sur la page Facebook d’Univers partagés. De plus, nous vous proposerons, d’ici la fin de l’année, un montage vidéo de la conférence. Un des membres de notre équipe, Yann, a en effet filmé les débats, et nous avons récupéré la sortie son des micros. De quoi vous offrir prochainement un souvenir supplémentaire de cette mémorable soirée !

Les Utopiales ne sont pas évidemment finies. Vous avez jusqu’à dimanche pour vous procurer, en avant-première, les DVD de la saison 2 de la Flander’s Company sur le stand FNAC. Par ailleurs, n’oubliez pas la journée Manga-tan, dimanche, avec sa conférence sur le manga, son concours de cosplay et sa projection en avant-première d’Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance. Au plaisir de vous voir sur le festival !

Récapitulatif des activités du pôle asiatique des Utopiales 2009

13/10/2009 par Morgan

Comme vous le savez, je suis, depuis plusieurs années, conseiller artistique pour le manga et l’animation japonaise (et plus généralement la culture asiatique) au sein du Festival International de Science-Fiction Utopiales (à la Cité Internationale des Congrès de Nantes, du 28 octobre au 1er novembre 2009). Alors que la conférence de presse de celui-ci se tient demain, voici un bref récapitulatif des activités pour lesquelles j’ai assuré, avec mes petits camarades d’Univers partagés,  assuré le conseil artistique cette année, et que nous animerons pendant l’événement.

Le Pôle Asiatique des Utopiales proposera donc plusieurs animations spéciales s’adressant au plus grand nombre, tout aussi bien spécialistes qu’amateurs. Il s’agit là d’une caractéristique à laquelle nous tenons beaucoup au moment de réfléchir à notre programmation : le manga et l’animation japonaise méritent de sortir du carcan auquel certains les réduisent parfois, il est de notre devoir de les promouvoir à travers des activités pouvant plaire à tous ! C’est avec cet état d’esprit que nous avons une nouvelle fois travaillé.

Le jeudi 29 octobre, à 17h30, se tiendra la projection de Mind Game, long-métrage inédit du Studio 4°C (connu pour avoir signé, notamment, l’adaptation animée d’Amer Béton), proposé en VOSTF. Cette avant-première (le film ne sort en DVD que le 18 novembre, chez Potemkine) sera donc l’occasion de mettre à l’honneur l’impressionnant travail de Masaaki Yuasa sur cette perle. Nous espérons contribuer, grâce à cette projection, à mieux faire connaître le studio 4°C.

De 20h30 à 22h30, ce même jeudi 29 octobre, nous mettrons à l’honneur la richesse et l’originalité des films et séries amateurs françaises au cours d’une soirée “FanFilm”. Nous aurons le plaisir d’accueillir Ruddy Pomarede et Frédéric Hosteing, à l’origine des séries Damned et Flander’s Company (diffusée sur NoLife et disponible en DVD chez Kaze). Au cours d’une projection-débat, nous aurons l’occasion d’évoquer le parcours atypique des Guardians et la manière dont Damned et la Flander’s Company se sont montées (avec leurs enjeux et difficultés propres). Nos invités ont même prévu de dévoiler, en avant-première, un épisode de la saison 3 de la Flander’s Company !

L’autre grand temps fort pour le manga et l’animation japonaise se tiendra le dimanche 1er novembre, à partir de 15h30, à l’occasion de la journée Manga-tan (en partenariat avec la Semitan, transports en commun de l’agglomération nantaise).

Les festivités débuteront par une conférence sur la science-fiction japonaise… et plus particulièrement en rapport avec la thématique de l’édition 2009 du festival, à savoir “Des mondes meilleurs ?” Pour participer à cette discussion, nous aurons le plaisir d’accueillir Denis Sigal, auteur du Grapholexique du Manga et enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale ayant mis en place le premier cours sur le manga dans une université occidentale.

La journée se poursuivra, à partir de 16h30, par le désormais traditionnel concours de cosplay. Les inscriptions sont toujours ouvertes (jusqu’au 24 octobre). Elles donnent droit, pour chaque candidat inscrit, à deux entrées gratuites pour une journée sur le festival.

Enfin, nous conclurons par la projection en avant-première, en VOSTF, d’Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance en partenariat avec Dybex. Une occasion unique de poursuivre l’expérience entamée l’an dernier (nous avions alors diffusé Evangelion: 1.0 You Are (Not) Alone) et de découvrir la saga Evangelion avec un tout autre point de vue.

Nous espérons vous voir nombreux sur le festival et croisons les doigts pour que ce programme vous satisfasse !

PS : si vous souhaitez suivre, au jour le jour, nos préparatifs et accéder ainsi à des informations exclusives, je vous invite à devenir fan de lapage Facebook d’Univers partagés ou à suivre mon flux d’information Twitter.

Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance projeté aux Utopiales 2009, lors de la journée Manga-tan du dimanche 1er novembre

05/10/2009 par Morgan

Lors de la journée Manga-tan 2008, nous avions proposé au public de (re)découvrir l’œuvre culte Evangelion à travers le premier long-métrage du projet “Rebuild” : Evangelion 1.0 You Are (Not) Alone. Pour rappel, il s’agit du premier des quatre films qu’Hideaki Anno (réalisateur de la série télévisée) a mis en chantier pour revisiter l’univers “Evangelion“.

Voilà plusieurs mois que je rêvais de proposer au public la suite lors de la journée Manga-tan 2009. C’est désormais chose possible, grâce à Dybex.

Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance, suite magistrale du volet proposé l’an dernier, sera en effet diffusé lors de la journée Manga-tan des Utopiales, le 1er novembre 2009 à 18h15. Nous vous proposerons le film en version originale sous-titrée français (notre équipe de traduction planche actuellement sur ce sous-titrage). Une projection unique, qui vous donnera l’occasion de faire la connaissance de Mari Illustrious Makinami, le nouveau personnage que ce long-métrage introduit, de réentendre des musiques familières mais dans un tout autre contexte (la bande originale contient ainsi des compositions de KareKano) et, surtout, de découvrir la saga Evangelion avec un tout autre point de vue.

Evangelion: 2.0 You Can (Not) Advance est dans la droite lignée du premier volet. Les Evangelion que produit la NERV sont le dernier rempart de l’humanité contre le danger que représentent les Anges. Mais l’émergence de nouvelles unités - qu’il s’agisse de l’Eva 05 en prise avec le troisième Ange ou de l’Eva 02 qui arrive à Tôkyô avec à son bord le pilote Asuka Langley Shikinami - peine à contenir les différentes attaques auxquelles le monde est confronté. Et les plans de la NERV, tout autant que ceux de la SEELE (l’organisme qui paraît tirer toutes les ficelles de ce conflit planétaire) semblent bien mystérieux. Une chose paraît toutefois certaine : rien ne sera plus jamais comme avant. Evangelion, comme vous ne l’avez jamais vu !

Grand merci à Dybex pour sa confiance, et au pôle cinéma de Jean-Marc Vigouroux pour son soutien logistique.

Pour terminer - et se préparer comme il se doit -, voici le trailer de ce film :

Cycle de projections dédié aux séries animées japonaises à la Bibliothèque Municipale de Nantes

26/09/2009 par Morgan

Univers partagés et la Bibliothèque Municipale de Nantes s’associent pour proposer, tout au long de la saison culturelle 2009-2010, un cycle de projections visant à faire découvrir à un large public la richesse et la diversité de la culture visuelle japonaise.
Les productions cinématographiques du studio Ghibli (Princesse Mononoke, Le Voyage de Chihiro, Ponyo sur la Falaise, …) ont connu un véritable succès populaire et critique. Elles ont largement contribué à la renommée de l’animation japonaise dans le monde. Mais saviez-vous que Hayao Miyazaki avait également travaillé sur plusieurs séries télévisées (Sally la petite sorcière, Sherlock Holmes, …) ? Les réalisateurs japonais aiment généralement se frotter à différents formats et nombreux sont ceux qui passent ainsi des longs métrages aux séries animées, et réciproquement.

Les séries souffrent encore d’être souvent mésestimées. C’est pourquoi c’est ce format que nous avons choisi de mettre à l’honneur à travers ce cycle.

Avec un rythme moyen de deux rendez-vous par trimestre, nous explorerons des thèmes aussi variés que la vie quotidienne au Japon, la science-fiction, le thriller, les utopies, … sans oublier, évidemment, le jeune public pour lequel seront organisées des projections dédiées.

Vous trouverez ci-dessous le programme des projections prévues jusqu’en janvier 2010. Nous en profitons pour remercier nos partenaires Beez, Kaze et Dybex grâce à qui ces projections sont possibles !

Vendredi 2 octobre 2009 à 18h - “Utopies/Thriller”

L’Odyssée de Kino - Épisodes n°1 et 2 - À partir de 13 ans - VOSTF - Éditeur : Kaze

Résumé : Parcourir des contrées inconnues. Ne s’installer nulle part. S’aventurer dans de nouveaux mondes. Telle est la vie de Kino et d’Hermès, sa moto ! Aventurière d’un nouveau genre, Kino n’obéit qu’à une seule règle: ne pas rester plus de trois jours dans un même endroit car un aventurier est fait pour voyager, c’est plus fort que lui. Et si les mondes les plus étranges défilent tout au long des trajets parcourus, c’est au fil des conversations entre Kino et Hermès que nous découvrons l’aventure la plus extraordinaire: une odysée à travers la bizarrerie humaine !
Une très belle série qui, à travers les utopies qu’elle met en exergue, nous invite à réfléchir sur notre propre rapport à la société.

Paranoia Agent - Épisodes n°1 et 2 - À partir de 13 ans - VOSTF - Éditeur : Dybex

Résumé : Sagi Tsukiko est une célèbre conceptrice de peluche kawaii. Un soir, alors qu’elle rentre chez elle, elle se fait agresser par un mystérieux gamin armé d’une batte de base-ball et chaussé de rollers jaunes. Tandis que les collègues de Tsukiko croient au canular, la police enquête et découvre que d’autres agressions sont à mettre sur le compte du Shonen Bat (le garçon à la batte). Parallèlement, un étrange journaliste se met également à sa recherche.
Paranoia agent est la première série télévisée à l’actif de Satoshi Kon, le réalisateur des chefs-d’œuvre Perfect Blue et Paprika. Étrange et décalée, la série de treize épisodes nous emmène au plus profond de la psychologie des personnages, chère à Satoshi Kon.

Mercredi 4 novembre à 14h30 : “Jeune public”

.hack // Legend of the Twillight - Épisodes n°1 et 2 - À partir de 8 ans - VF - Éditeur : Beez

Résumé : Cela fait quatre ans que l’incident qui fut appelé le Twilight est survenu dans le plus célèbre jeu en réseau du monde : The World. Ceux qui ont été témoins de l’incident ne se connectent plus au jeu. The World est à présent un monde différent. Un monde plus sûr… Shûgo et sa soeur Rena ont remporté un concours organisé par les créateurs du jeu et vont, de fait, pouvoir incarner deux personnages très spéciaux : Kite et Black Rose. Mais une fois dans le jeu, les deux héros vont vite devenus des acteurs centraux
.hack est un bel exemple d’oeuvre multi-média comme savent en créer les Japonais : jeu vidéo, dessin animé, manga… tout est imbriqué pour constituer un univers complet et cohérent, donnant l’occasion aux enfants de se plonger dans une aventure haletante.

Mercredi 20 janvier 2010 à 14h30 : “Jeune public”

Entre Elle et Lui - Épisodes n°1 et 2 - À partir de 8 ans - VF - Éditeur : Dybex

Résumé : Elle, c’est Yukino Miyazawa. Etudiante au lycée Hokuei. Pour les autres, elle se veut belle, intelligente, sympathique. En un mot, parfaite. Lui, c’est Arima Soichiro. Etudiant au lycée Hokuei. Il est beau, intelligent, sympathique. En un mot, parfait. Trop parfait pour Yukino, d’ailleurs, qui aurait bien voulu conserver sa position de superstar. De la rencontre de ces deux-là ne peuvent naître que des étincelles.
Portée à l’écran par le Studio Gainax, créateurs d’Evangelion, cette série décrit avec finesse et humour la vie lycéenne à la japonaise. Une référence du genre !

Enfin, au cours du mois de janvier 2010, une projection spéciale sera organisée. Celle-ci sera dédiée aux deux séries pour lequel le public aura voté tout au long du premier trimestre. En effet - originalité de ce cycle de projection -, le public est invité à choisir certaines des séries qu’il souhaite voir diffusées. C’est ainsi que six bandes-annonces sont répertoriées ci-dessous. Nous vous appelons donc à voter pour les deux oeuvres (parmi les six ci-dessous) dont vous souhaitez découvrir les deux premiers épisodes. Pour cela, il vous suffit d’envoyer un courrier électronique à vote-bm-nantes@univers-partages.org en indiquant les deux titres retenus (et ce, avant le 01/12/2009). Les deux séries qui auront reçu le plus de voix seront projetée lors d’une séance spéciale organisée dans le courant du mois de janvier 2010.Voici les œuvres pré-sélectionnées que nous vous proposons de départager :

Chaque projection sera précédée d’une présentation de ma part, afin de replacer les œuvres dans leur contexte social et culturel.

L’ensemble de ces projections aura lieu à la salle Jules Vallès de la Médiathèque Jacques Demy - 24 quai de la Fosse - 44000 Nantes. L’entrée est libre.

Je dévoilerai le programme du premier semestre 2010 dans quelques mois. Affaire à suivre… et rendez-vous dès vendredi prochain pour le premier de ces rendez-vous !

Interview pour un reportage TV sur les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement

20/09/2009 par Morgan

Le 26 août dernier, j’étais interviewé par une équipe de DIPP pour un sujet sur les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement (TICE). Le reportage a été diffusé ce jour sur Télénantes (accessible partout en France par exemple sur le canal 208 de la Freebox) dans l’émission “Étudiants Poil aux Dents“. Si vous l’avez manquée, vous pourrez la revoir lors de l’une des nombreuses rediffusions prévues au cours de ce mois de septembre.

Cette interview m’a donné l’opportunité de revenir sur plusieurs des projets que je mène à Centrale Nantes dans le domaine des TICE (un sujet qui me tient à coeur depuis plusieurs années), notamment sur l’utilisation des Tablets PC dans un contexte pédagogique. Il s’agit là d’un projet que je supervise avec Guillaume Moreau (que l’on aperçoit subrepticement dans le reportage). Les différentes expérimentations en la matière sont synthétisée sur un blog dédié.

Trois étudiants en dernière année à Centrale Nantes (Nelle Varoquaux, Mathieu Augé et Jonathan Windandy) se sont rendus disponibles pour répondre aux questions des journalistes (et je les en remercie). Ils évoquent notamment leur rapport à ces nouvelles technologies.

Ce court sujet documentaire se termine par un zoom sur la mise en place du Certificat Informatique et Internet (C2i) par nos collègues de l’Université de Nantes. Un thème là aussi passionnant ! Plusieurs niveaux de certification sont en train d’être mis en œuvre à l’échelle nationale. Et le déploiement du C2i niveau “Métiers de l’Ingénieur” dans les formations délivrant le diplôme d’ingénieur sera l’un des sujets majeurs de l’année à venir. J’aurai l’occasion de revenir sur le sujet prochainement puisque je me rends jeudi à Paris pour une réunion sur le sujet.

Et pour ceux qui ne peuvent pas recevoir Télénantes, voici l’extrait du reportage consacré aux TICE :

Bulles de mangas : des rencontres mensuelles à la FNAC de Nantes autour du manga et de ses influences

11/09/2009 par Morgan

Le mois de septembre démarre sur les chapeaux de roue… car il est désormais temps pour moi de vous dévoiler un projet sur lequel je travaille depuis plusieurs mois.

La FNAC de Nantes m’a en effet contacté au printemps dernier pour organiser et animer un cycle de rencontres autour du manga. À travers ces rendez-vous mensuels, nous vous inviterons à explorer la richesse du manga et son influence au-delà des frontières du Japon. Nous mettrons ainsi à l’honneur des auteurs français puisant leur inspiration dans la créativité japonaise au cours de tables-rondes dédiées. Nous vous proposerons également des conférences pour vous guider parmi l’offre pléthorique de titres édités en France. Nous alternerons ainsi, en fonction des mois, entre rencontres-dédicaces avec des auteurs influencés par le manga et des conférences plus didactiques sur la BD japonaise.

Je parle de “rencontres-dédicaces” car il y aura un véritable temps d’échange avec les auteurs avant leur séance de signatures. L’occasion d’en savoir plus sur les origines de leur album, le message qu’ils souhaitent transmettre… et plus généralement, de mieux comprendre leurs motivations artistiques.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous annoncer que la première de ces rencontres se tiendra le mercredi 21 octobre 2009 à partir de 17h30. Ce seront Audrey Alwett et Nora Moretti qui seront mises à l’honneur pour la parution de Princesse Sara et, plus généralement, le lancement de la collection Blackberry-Strawberry (collection au sein de laquelle on retrouve Aurore, Algesiras, Nephyla… autant d’auteurs issus du fanzinat et durablement marquées par la BD japonaise) chez Soleil. J’aurai l’occasion d’en reparler mais vous pouvez d’ores et déjà retenir cette date dans votre agenda !

Damned et la Flander’s Company aux Utopiales 2009 : le film de fan mis à l’honneur par le pôle asiatique !

10/09/2009 par Morgan

Poursuivons la mise en lumière du programme des Utopiales en ce qui concerne la culture asiatique et tout ce qui s’y rapporte.

Cela fait plusieurs années que nous projetons de mettre à l’honneur la richesse et l’originalité des films et séries amateurs françaises. 2009 marquera la concrétisation de cette idée ! Nous aurons en effet le plaisir d’accueillir, au cours d’une animation spéciale, une partie de l’équipe des Guardians, association à l’origine des séries Damned et Flander’s Company (en cours de diffusion sur NoLife).

Damned est une série live mêlant fantastique, ésotérisme et pop-culture. Damned passe rapidement du statut de film sans prétention réalisé en une dizaine de jours entre copains (Damned 1 en 1999) à une des séries incontournables de la scène amateur française (prix Cartoonist, présence sur les principaux festivals français dédiés au manga, etc.). Au fil des épisodes, la réalisation s’affine (au point de devenir une référence en termes d’usage des effets spéciaux) et le scénario s’étoffe considérablement. On suit les aventures de Sinji, un Night Blade (démon enfermé dans le corps d’un humain) doté d’incroyables pouvoirs et d’un caractère bien trempé. Il est une des pièces centrales du conflit opposant l’Ordre (une organisation chargée de lutter contre les manifestations occultes) et les démons. Derrière un conflit en apparence manichéen se cachent des enjeux plus complexes qu’il n’y paraît. Ce que traduit d’ailleurs l’apparition d’un troisième camp, les Templiers de Bââl, qui déstabilise l’opposition classique entre l’Ordre et les démons…
L’ensemble est plein de fraîcheur… et de références à la culture populaire (de Clamp à Harry Potter en passant par Gundam). L’épisode 6.3 (le neuvième en fait) a été dévoilé en juillet.

L’histoire pourrait s’arrêter là… mais tel n’est pas le cas ! Car, en 2007, un groupe de passionnés lancent NoLife. À la tête de la chaîne, Alex Pilot et Sébastien Ruchet, deux figures bien connues du milieu du film amateur (connus notamment pour les Bitoman et France Five). Ceux-ci sont familiers de Damned… et c’est ainsi que les Guardians sont contactés pour une nouvelle aventure : la production d’une série d’épisodes courts dimensionnée pour une diffusion hebdomadaire. C’est la fameuse Flander’s Company, qui narre le quotidien (déjanté) d’une entreprise spécialisée dans les supers vilains. Si un héros cherche une nouvelle nemesis (c’est-à-dire un nouvel ennemi juré), c’est à la porte de la Flander’s qu’il doit frapper !
L’œuvre marque immédiatement les esprits de fait de son humour ravageur et de son interprétation (le DRH, Hippolyte Kurtzmann, fera date). Elle puise volontiers dans l’imaginaire fantastique mondial (des clins d’œil à Terry Pratchett émaillent la Flander’s Company ; on retrouve également des références aux comics tels que Captain America ou aux mangas via Saint Seiya ou Dragon Ball). La saison 1 est d’ores et déjà disponible en DVD chez Kaze et la saison 2 paraîtra début novembre. La saison 3, quant à elle, est en cours de tournage.

Ruddy Pomarede (scénariste, réalisateur et acteur interprétant Sinji dans Damned et Caleb dans la Flander’s Company) et Frédéric Hosteing (interprète d’Hippolyte et Hitomi Kurtzmann dans la Flander’s Company) nous feront l’honneur d’être présents aux Utopiales pour un événement qui mettra donc à l’honneur le fanfilm. Nous aurons l’occasion, au cours d’une projection-débat, d’évoquer le parcours atypique des Guardians et la manière dont Damned et la Flander’s Company se sont montées (avec leurs enjeux et difficultés propres). Sans parler de quelques avant-premières… Mais il est trop tôt pour en dire plus !

Cette animation inédite proposée par le pôle Asiatique des Utopiales (ce sera le premier événement nantais autour de la Flander’s Company !) se tiendra le jeudi 29 octobre au soir, dans la Grande Halle de la Cité des Congrès de Nantes.

Conférence “Mangas et mondes meilleurs” à la Journée Manga-tan du 1er novembre, en présence de Denis Sigal !

09/09/2009 par Morgan

Levons un peu le voile sur le déroulement de la journée Manga-tan du dimanche 1er novembre, dans le cadre des Utopiales à la Cité Internationale des Congrès de Nantes.

Les festivités débuteront par une conférence sur la science-fiction japonaise… et plus particulièrement en rapport avec la thématique de l’édition 2009 du festival, à savoir “Des mondes meilleurs ?” Un sujet au coeur des préoccupations du manga et de l’animation japonaise. Qu’il s’agisse des grands classiques que sont Macross ou Galaxy Express ou d’œuvres plus récentes telles que Rahxephon ou Gurren Lagann, l’existence d’autres mondes a toujours suscité le plus grand intérêt de la part des créateurs japonais.

Pour participer à cette discussion, j’aurai le plaisir d’accueillir Denis Sigal, auteur du Grapholexique du Manga (ouvrage de référence qui décrypte les codes graphiques propres à la BD japonaise). Denis Sigal, enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale, s’investit depuis plusieurs années pour promouvoir le manga dans le milieu universitaire. C’est ainsi qu’il a mis en place le premier cours sur le manga dans une université occidentale et qu’il planche actuellement sur une unité d’enseignement dédiée à l’animation japonaise.

Nul doute que, par sa présence aux Utopiales, il apportera un regard analytique riche de sens sur la production visuelle japonaise.

Mangas et mondes meilleurs : conférence animée par Morgan Magnin, en présence (entre autres) de Denis Sigal

Dimanche 1er novembre 2009 en début d’après-midi

Note d’intention : D’Actarus nostalgique de sa planète Euphor (Goldorak) à Gally rêvant de Zalem (Gunnm) sans oublier Tetsurô qui projette d’atteindre Râ Metal afin d’acquérir un corps d’androïde (Galaxy Express 999), les héros de BD et animation japonaise sont hantés par ce mythe d’un ailleurs où la vie serait meilleure. Ce questionnement, on le retrouve jusqu’au coeur du considérable intérêt du public occidental pour la culture nipponne : comment des oeuvres venues d’un pays aussi éloigné, géographiquement et socialement, de nous parviennent-elles malgré tout à susciter un écho dans les consciences ? L’intérêt pour le Japon et sa S.F. est-il un trompe l’oeil ou, au contraire, le berceau d’une nouvelle culture mondialisée ?

Grand concours à l’occasion de la parution de l’art-book de Rosalys

02/09/2009 par Morgan

À l’occasion de la sortie de l’art-book de Rosalys, celle-ci convie les internautes à un grand jeu permettant de gagner ce bel ouvrage dédicacé. Si, vous aussi, vous avez envie de tenter votre chance, vous trouverez tous les renseignements nécessaires pour participer au concours sur le blog de cette belle illustratrice.

Les Nantais seront sans doute heureux d’apprendre que Rosalys sera en dédicace à la FNAC Place du Commerce à partir de 16h30 le vendredi 18 septembre. Une date à retenir d’ores et déjà dans son agenda !